Des organismes demandent au gouvernement d'investir massivement dans les logements sociaux [VIDÉO]

En cette semaine de «mise à jour économique» de la Coalition avenir Québec, cinq organisations nationales du monde de l’habitation sociale demandent au gouvernement de passer de la parole aux actes, d’investir massivement pour loger les moins nantis.

«Nous formons aujourd’hui une coalition pour se donner une voix unifiée», a annoncé d’entrée de jeu, en conférence de presse, la directrice générale du Regroupement des offices d’habitation du Québec Anne Demers. À l’unisson, donc, la troupe clame sa revendication: elle s’attend à découvrir une enveloppe garnie pour le logement social dans le minibudget de jeudi du ministre des Finances, Éric Girard. Aussi dans son grand budget du printemps prochain.

Le gouvernement dispose d’un surplus de quelques milliards de dollars, fait remarquer le président de la Confédération québécoise des coopératives d’habitation, Jacques Côté. Cette marge de manœuvre est suffisante pour venir en aide aux ménages qui peinent à trouver un toit abordable dans un marché où le taux d’inoccupation oscillerait autour de 2,3 %, soit en deçà du seuil d’équilibre. «Les besoins sont là, c’est clair.»

«Globalement, le taux d’inoccupation baisse», acquiesce Alain Marcoux, président de l’Association des groupes de ressources techniques du Québec. «En étant un peu en bas de 3%, c’est une situation qui crée des pressions à la hausse sur le coût des loyers existants. Et ce n’est pas parce qu’il y a 2,3% des logements qui sont inoccupés que ce sont tous des logements abordables.»

Les besoins suivraient donc une courbe ascendante. Tandis que la construction d’appartements subventionnés est ralentie depuis plusieurs années, selon lui.

Voilà pourquoi la «coalition» demande «rapidement» 230 millions $ pour faire pousser les 15 000 logis dont les projets seraient pris «dans la machine» du financement étatique, faute de fonds. En plus, il faudrait quelque 500 millions $ pour ajouter annuellement 5000 autres demeures à loyer modique.

Des dizaines de milliers de Québécois dépensent plus de 30 %, voire 50%, de leurs revenus pour se loger, ajoute la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme. «Ce n’est surtout pas le temps de freiner le développement. […] C’est le temps de peser sur l’accélérateur parce que les besoins vont aller en s’accélérant.»

Et il faudra que le financement soit ajusté à la réalité du marché de la construction qui roule à plein régime, insiste le président du Réseau québécois des OSBL d’habitation, André Castonguay. «Les fonds ne suffisent plus à la réalisation des projets immobiliers.»

Le programme révisé

Au cabinet de la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, on nous indique que l’élue a déjà demandé la révision du programme AccèsLogis — celui qui finance les projets de logements abordables — «afin de mieux l’adapter au contexte et aux besoins actuels», dixit l’attachée de presse, Bénédicte Trottier Lavoie. «Nous avons investi 260,1 millions $ dans le programme et procédé à la mise à jour des coûts maximums admissibles, ce qui n’avait pas été fait depuis 10 ans. Maintenant, vous pouvez avoir la certitude que notre gouvernement continue d’être en action pour moderniser le programme d’AccèsLogis.»

+

LÉVIS: TROU DE TROIS ANS DANS LES INVESTISSEMENTS

L’administration du maire Gilles Lehouillier est critiquée par une constellation d’organisations communautaires pour son désengagement dans le financement du logement social. Depuis 2016, Lévis n’a débloqué aucune somme pour la construction de nouveaux appartements subventionnés, déplore Édith St-Hilaire, porte-parole de la Concertation Logement Lévis et directrice de l’ACEF Rive-Sud. La Ville n’investit pas sa part dans les projets, ce qui bloque du même coup la réception des fonds gouvernementaux conditionnels à la participation municipale, explique Mme St-Hilaire. Le désintérêt de Lévis créera, selon elle, un «trou» de 3 à 5 ans sans développement de logements sociaux. 

+

DES LOGEMENTS SOCIAUX POUR BEAUPORT

Un projet résidentiel verra le jour dans l’arrondissement de Beauport. Le terrain laissant vacant par l’aréna Gilles-Tremblay accueillera des logements sociaux et des unités favorisant l’accès à la propriété.

«On a vu le manque de logements de services sociaux à Beauport où le besoin s’est fortement fait sentir», a soulevé le maire Régis Labeaume.

Rappelons qu’un projet de piscine intérieur en partenariat avec la municipalité de Boischatel était précédemment considéré. Après le retrait de Boischatel dans le projet, la Ville ne voulait plus attendre et a décidé d’aller de l’avant avec un projet de logement.

Le projet comprend trois bâtiments de trois à quatre étages, un boisé vert et un parc. Le budget total alloué au projet n’est pas encore connu, un appel d’offres sera bientôt lancé et la Ville espère commencer les travaux dès 2021.  Judith Desmeules