Des organisations demandent l'adoption rapide d'un décret provisoire pour mettre un terme au marketing des produits de vapotage.

Des organismes de santé publique réclament plus de restrictions au vapotage

OTTAWA — Huit organismes qui luttent pour la santé des Canadiens demandent au gouvernement fédéral d'adopter d'ici la fin de l'année des mesures urgentes pour traiter le vapotage comme le tabagisme.

Ces organisations demandent l'adoption rapide d'un décret provisoire pour mettre un terme au marketing des produits de vapotage, limiter les arômes disponibles et règlementer la teneur en nicotine.

La coalition soutient qu'étant donné les délais encourus habituellement pendant et après un scrutin, «la seule façon de mettre en place des mesures de protection pendant l'année en cours est de prendre un arrêté d'urgence en vertu de la Loi sur le ministère de la Santé». Ces groupes affirment que tout délai augmentera les risques pour les Canadiens et ils demandent aux partis fédéraux de s'engager à adopter un décret provisoire dans les 60 jours suivant la formation du prochain gouvernement.

Cette coalition comprend notamment l'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer, l'Association pulmonaire du Canada, Coeur et AVC, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac et les Médecins pour un Canada sans fumée.

«Le vapotage chez les jeunes est devenu une crise de santé publique», a déclaré sans ombrage le président de l'Association médicale canadienne, le Dr Sandy Buchman.

Cet appel intervient au moment où l'on vient de signaler un cas de maladie grave liée au vapotage à London, en Ontario, et que des centaines de cas apparaissent aux États-Unis, qui ont fait sept morts.

«Même en faisant abstraction des récents rapports tragiques qui ont établi que des décès et des maladies respiratoires aigües ont été causés par le vapotage, il a été démontré que ces produits augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, d'altération du développement cérébral chez les adolescents et d'issues défavorables de la grossesse», a rappelé Cynthia Callard, directrice générale de Médecins pour un Canada sans fumée.

Santé Canada a publié jeudi après-midi un rappel priant les Canadiens utilisant des produits de vapotage «de surveiller l'apparition chez eux de symptômes de maladie pulmonaire et de consulter un médecin sans tarder s'ils ont des préoccupations relatives à leur santé».

L'Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada disent être au courant du rapport du Bureau de santé de Middlesex-London. Les deux agences mentionnent qu'elles ont «fourni aux provinces et aux territoires des directives nationales sur l'identification des cas possibles de maladie pulmonaire grave liée au vapotage ou à l'utilisation de la cigarette électronique au pays».

Un sondage réalisé pour Santé Canada, publié cette année, a révélé qu'un élève du secondaire sur cinq déclarait utiliser des produits de vapotage; chez les jeunes de 13 et 14 ans, ce taux était d'un sur sept.

«Cette crise est le résultat d'une règlementation inadéquate et d'un marketing irresponsable, estime Flory Doucas, codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac. L'assouplissement des règles par le gouvernement l'an dernier a permis aux fabricants de tabac et de nicotine d'inonder le marché de ces appareils accessibles aux jeunes en les rendant attrayants, savoureux et bon marché, et en les promouvant dans les médias sociaux, à la télévision et par d'autres moyens qui rejoignent les jeunes.»