Des policiers de la GRC aidant des demandeurs d'asile à traverser la frontière canado-américaine, près de Hemmingford, lundi. Des dizaines de personnes ont été arrêtées au cours des dernières semaines après avoir franchi illégalement la frontière.

Des migrants fuient les États-Unis par l'est du Québec 

Des migrants fuyant les États-Unis ont traversé la frontière à l'est du Québec également, pas seulement en Montérégie, confirme la Gendarmerie royale du Canada.
«Il y en a eu récemment, oui», indique le gendarme Érique Gasse, des relations médias de la GRC, au téléphone. Entendons-nous d'emblée : ils ne sont pas légion, ces désespérés en quête de l'eldorado. «Il y en a eu, mais c'est vraiment très très sporadique. Ça ne se compare pas avec ce qui se passe à Roxham.» 
Quelque 813 km séparent le Québec des États américains limitrophes. Et la majorité de ceux qui veulent franchir cette ligne politique se précipitent en direction du désormais célèbre chemin Roxham, qui leur permet de débarquer en Montérégie. «C'est généralement ce qu'on remarque, étant donné qu'il y a une autoroute qui mène pratiquement jusque-là. Par la suite, les gens n'ont qu'à marcher. C'est un chemin qui est balisé, la marche est facile. C'est comme dans n'importe quoi, les gens prennent le chemin le plus facile», fait valoir M. Gasse. Ils sont alors arrêtés puis conduits au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, tout près.
Mais quelques-uns ont réussi la traversée plus à l'est du Québec - le Nouveau-Brunswick a aussi recensé un petit nombre de migrants. Le relief et les embûches pour traverser freineraient toutefois les ardeurs des voyageurs qui veulent demander le statut de réfugié au Canada.
Comme les autres, ils ont été appréhendés par les policiers canadiens : «Oui. C'est le même principe. Dès que quelqu'un passe la frontière, c'est illégal.»
«On a des patrouilleurs qui sont en patrouille soit dans les airs ou sur terre», ajoute Érique Gasse. «On a des caméras et d'autres systèmes. Donc, dès qu'il se passe quelque chose à la frontière, on le sait.»
Pour pouvoir demander le statut de réfugié, beaucoup de migrants doivent franchir illégalement la frontière, sans quoi ils seront renvoyés aux États-Unis, où ils devront faire leur requête. Voilà pourquoi ils ne se présentent pas tout simplement aux bureaux de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).
«Nous sommes responsables des points d'entrée [les postes frontaliers, les douanes dans les aéroports...]. Entre chacun des points d'entrée, c'est la GRC qui est responsable de patrouiller la frontière», note Judith Gadbois-St-Cyr, conseillère en communication à l'ASFC. «Les demandeurs d'asile qui entrent illégalement à la frontière ne sont pas de l'autorité de l'Agence.»
Mais une fois appréhendés par la GRC, les demandeurs d'asile sont conduits aux postes douaniers! À ce moment, l'ASFC a juridiction pour évaluer une première fois le dossier, prendre les empreintes, faire une vérification de sécurité. 
Et ils sont de plus en plus nombreux, les migrants à être amenés dans les postes frontaliers. Au Québec seulement : 881 en 2014, 1054 en 2015 et 2527 en 2016. Seulement en janvier 2017, il y en a eu 452.
Beaucoup entrent aussi au Canada par la Colombie-Britannique et le Manitoba.
Les provinces discuteront de l'afflux de demandeurs d'asile
Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a indiqué mardi qu'il parlerait avec ses homologues des autres provinces la semaine prochaine pour discuter de la hausse du nombre de demandeurs du statut de réfugié qui traversent illégalement la frontière canado-américaine. 
Ces entretiens visent à coordonner les approches des gouvernements provinciaux et fédéral quant à la façon de faire face à cet afflux. Le premier ministre manitobain a affirmé avoir fait parvenir une lettre à Ottawa détaillant des «enjeux spécifiques» sur lesquels le fédéral devrait selon lui se pencher «de façon coopérative». 
Le bureau de M. Pallister a précisé par la suite qu'il aurait plusieurs entretiens téléphoniques individuels plutôt qu'un seul et même appel conférence. La communauté frontalière d'Emerson est l'une des régions du Manitoba par où passent un nombre grandissant de migrants cherchant refuge. 
Au Québec, des dizaines de personnes ont été arrêtées au cours des dernières semaines, près de Hemmingford, après avoir franchi illégalement la frontière. La Presse canadienne