Des manifestants sont venus accueillir le premier ministre Legault au restaurant Chaz de l’avenue Maguire, mercredi sur l’heure du souper.

Des manifestants s’invitent au cocktail de la CAQ dans Jean-Talon

Ce devait être une petite soirée tranquille entre caquistes, pour ramasser de l’argent. Mais des manifestants se sont invités. Et les journalistes à leur suite. Puis un vote perdu en chambre en fin de journée sur le dossier de l’immigration, raison de la présence des manifestants.

«Le whip va se faire parler!» a jeté le premier ministre François Legault, à l’évocation du revers symbolique tout juste essuyé au parlement, autour de 17h. Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) n’avait alors plus que trois de ses 75 députés encore en chambre pour empêcher l’adoption d’une motion du libéral Monsef Derraji, demandant d’«annuler dès maintenant les modifications récentes apportées au Programme» d’expérience Québec (PEQ).

Chaque parti a un whip. À la CAQ, c’est Éric Lefebvre, député d’Arthabaska. Le whip «doit notamment s’assurer qu’un nombre suffisant de députés est présent en chambre [...], en particulier au moment d’un vote», explique le site de l’Assemblée nationale. Vlan. Pour le reste, une motion n’a rien de contraignant. Le gouvernement a juste eu l’air un peu fou.

Quant au PEQ, dont on parle beaucoup depuis que le ministre de l’Immigration Simon Jolin-Barrette en a resserré les critères, la semaine passée, les trois partis d’opposition ne sont pas les seuls à vouloir le retrouver sous son ancienne forme. Les 25 manifestants venus accueillir le premier ministre Legault au restaurant Chaz de l’avenue Maguire, mercredi sur l’heure du souper, sont du même avis.

Avant le cocktail de financement de la campagne de la candidate caquiste dans Jean-Talon, le premier ministre François Legault s’est assis pour discuter avec des manifestants de la réforme en immigration.

«L’hiver au Québec, c’est mieux avec le PEQ!» les a-t-on entendus scander, en faisant le pied de grue sur le trottoir. Deux d’entre eux ont pu discuter avec le premier ministre une quinzaine de minutes, à l’intérieur du restaurant.

«On veut lui dire à quel point c’est un gâchis, tout simplement. Il a déjà un programme qui permet le rayonnement et le fleurissement de la belle province de Québec», a résumé Christian Djoko, avant d’entrer s’asseoir avec M. Legault à l’abri des micros et du froid. M. Djoko est au Québec depuis «huit hivers», comme il le dit, et était touché par les nouvelles mesures du PEQ jusqu’à l’ajout d’une clause de droits acquis, mercredi matin.

«Joëlle, j’ai besoin d’elle!»

Mercredi, un cocktail réunissant une centaine d’invités à 100 $ chacun, pour financer la campagne de la candidate Joëlle Boutin pour l’élection partielle du 2 décembre, dans Jean-Talon.

Le cocktail réunissant une centaine d’invités à 100 $ chacun servait à financer la campagne de Joëlle Boutin pour l’élection partielle du 2 décembre, dans Jean-Talon.

Après avoir fouetté son whip, M. Legault a flatté sa candidate. «Joëlle, j’ai besoin d’elle!» a-t-il lancé au micro, comme un nouveau slogan, voulu ou non, rigolo et un peu malhabile.

Battue l’an dernier aux élections générales par le libéral Sébastien Proulx, celle qui a été directrice de cabinet d’Éric Caire toute l’année cherche encore à remplacer l’ex-ministre Proulx, démissionnaire en août.

«Mobiliser comme ce qu’on fait ce soir, c’est la base de la politique. On ne fait jamais campagne seule, c’est toujours un travail d’équipe», s’est réjoui Mme Boutin au Soleil, assurant que les manifestants n’ont pas gâché sa soirée.

Une poignée d’élus auront l’excuse du cocktail de financement de Mme Boutin pour expliquer leur absence en chambre à un moment important. Dont la vice-première ministre Geneviève Guilbault, gagnante d’une élection partielle dans le comté voisin de Louis-Hébert à l’automne 2017, pour aussi remplacer un libéral.