Les manifestants les plus extrêmes, parmi la soixantaine réunie devant l'Assemblée nationale, ont scandé «À bas l'islam!» et «Islam dehors!», affirmant du même souffle qu'ils ne sont pas racistes.

Des manifestants dénoncent «l'invasion de l'islam radical au Québec»

«Le Québec aux Québécois.» C'est ce qu'ont réclamé une soixantaine de manifestants réunis samedi midi devant l'Assemblée nationale pour dénoncer «l'invasion de l'islam radical au Québec».
Scandant des slogans à saveur ultranationaliste, les participants du rassemblement nommé «Debout pour mes valeurs et mes droits; l'islam radical pas chez moi!» ont été accueillis par une vingtaine de militants antifascistes, pour la plupart masqués, leur lançant des doigts d'honneur. La rencontre entre les deux groupes a donné lieu à quelques confrontations verbales, supervisées par des policiers.
Plusieurs manifestants présents ont affirmé qu'ils n'étaient pas racistes ni démagogues, mais demandent aux immigrants musulmans d'apprendre à mieux s'intégrer au sein des «valeurs québécoises».
Parmi eux, la YouTubeuse Josée Rivard admet qu'il existe «une grande différence entre l'islam modéré et l'islam radical», mais que ce dernier est «destructeur pour la liberté d'expression et pour les droits des femmes», notamment. Steve, un membre de La Meute, se dit contre l'arrivée massive et «sans contrôle» de réfugiés. «Avant d'aider les autres, on devrait s'aider nous-mêmes.»
Quant à eux, les manifestants les plus extrêmes ont scandé «À bas l'islam!» et «Islam dehors!», affirmant du même souffle qu'ils ne sont pas racistes. Questionné à ce sujet, le candidat indépendant aux dernières élections fédérales Ugo Ménard, qui souhaiterait fonder une aile québécoise du Front national, répond qu'il ne s'agit pas de propos racistes, puisque l'islam n'est pas une race.
Un autre manifestant a affirmé haut et fort être «islamophobe à 100%», conseillant du même souffle à ses compagnons: «Ne soyez jamais mal à l'aise de vous dire islamophobes!»
«Ça fait peur»
À quelques mètres de là, des militants antifascistes, dont plusieurs se qualifient d'«anarchistes», craignent l'impact de tels propos. «Ça fait peur», confie l'un d'entre eux au Soleil. «En ce moment, on revoit les conditions qui ont mené à la Deuxième Guerre mondiale. On n'est vraiment pas rendu là, mais ça m'effraie.»
Pour Cora Le Moyne, une Québécoise musulmane née à Granby, les revendications des manifestants sont «un gros paquet d'ignorance», «de la merde de bouche».
La manifestation était organisée par le groupe Justiciers du peuple, en collaboration avec Pegida Québec et Soldiers of Odin.