Des manifestants anti-G7 ont pris d’assaut les rues de Québec en juin dernier. Plusieurs ont été arrêtés.

Des manifestants anti-G7 poursuivent aux petites créances

Des manifestants anti-G7 intentent des poursuites contre la Ville de Québec et le ministère de la Sécurité publique après leur arrestation et surtout leur incarcération en juin dernier.

Lynda Forgues, 63 ans et Marc-André Chapados, 37 ans, de Québec réclament chacun 15 000 $ en dommages moraux et punitifs. D’autres manifestants arrêtés en marge du sommet du G7 ont déposé des recours similaires au palais de justice de Montréal.

Marc-André Chapados a été arrêté le 7 juin dernier au coin de l’avenue Cartier et de Grande Allée alors qu’il filmait la manifestation. Les policiers de Québec lui diront qu’il est recherché pour un message jugé menaçant repéré sur Twitter.

Menotté tout au long, il est amené au poste de police puis, après sa vidéocomparution, transféré au Centre de détention de Québec.

Le 9 juin, il reçoit la visite des observateurs de la Ligue des droits et libertés, qui constatent les blessures à ses poignets causés par les attaches autobloquantes trop serrées qui ont servi à le menotter. Marc-André Chapados pourra reprendre sa liberté sous conditions le 11 juin.

Privée de ses lunettes

Lynda Forgues a été arrêtée le 9 juin lors d’une manifestation déclarée illégale sur le boulevard Honoré-Mercier. La police antiémeute avait pourchassé la poignée de manifestants dans les ruelles du quartier Saint-Jean-Baptiste.

La sexagénaire affirme avoir dû attendre très longtemps avant de pouvoir parler à une avocate et avoir été privée de ses lunettes de vue durant 12 heures. Elle soutient que les policiers ont faussement dit aux médias qu’elle était une «militante très connue». Mme Forgues a été incarcérée elle aussi jusqu’au 11 juin.

Les deux militants estiment avoir été privés indûment de leur liberté, car, disent-ils dans leur requête,  le type d’accusations auxquelles ils ont fait face se traduit en général par des promesses de comparaître et non par de l’incarcération avant la comparution.

Les accusations criminelles portées contre eux sont injustifiées, soutiennent les militants. «Ces arrestations et accusations ne semblent servir qu’à justifier une grande dépense de centaines de millions de dollars en sécurité, en plus d’avoir un effet punitif et non un effet de protection de la société», écrit Lynda Forgues dans sa requête.

En raison du montant réclamé, c’est la division des petites créances de la Cour du Québec qui entendra les causes des militants.