La 8e Marche des Perséides, un organisme en soutien au deuil périnatal, a rassemblé dimanche plus de 100 personnes à Québec devant le pavillon de médecine de l’Université Laval.

Des mamans à ne pas oublier

La fête des Mères de cette année devait être encore plus spéciale pour Pascale. Son deuxième enfant, Charles-Émile, devait avoir tout juste quatre mois. Mais la vie en a décidé autrement.

Pascale Lemelin-Breton et Simon Grondin ont perdu leur garçon, tout juste avant la fin de la grossesse. Le couple participait dimanche à la 8e Marche des Perséides, un organisme en soutien au deuil périnatal, qui a rassemblé plus de 100 personnes à Québec devant le pavillon de médecine de l’Université Laval.

«Ça arrive plus souvent qu’on pense. Quand on est directement impliqués, on se rend compte que ça touche plus de gens. Quand ça arrive, ce n’est pas facile à assimiler, à comprendre. Les gens n’ont pas connu notre enfant comme nous. Pascale devait accoucher, mais finalement on l’a perdu. Il était parfaitement développé, il n’y a pas de cause qui a été trouvée. Ça amène beaucoup de questionnements. Un organisme comme les Perséides, c’est leur mission d’accompagner les couples là-dedans, peu importe les circonstances», partage M. Grondin.

«Ce qui aide c’est de savoir que l’on n’est pas seuls, que d’autres vivent cette situation-là. De partager ton vécu, d’être écoutés. On cherchait de quelle façon on allait réussir à passer au travers, et l’hôpital nous a parlé de cet organisme-là. On s’est fait offrir du soutien immédiat», ajoute la maman.

En parlant de sa situation, Pascale a rencontré Valérie. Une femme du même âge qui a vécu un drame similaire. 

«Tu ne veux pas rencontrer quelqu’un qui a vécu la même chose que toi, parce que tu ne veux pas que personne ne vive ça. Mais en même temps, ça fait du bien de savoir que l’on n’est pas seules», souligne Valérie Robitaille. 

L’organisme les Perséides accompagne les parents endeuillés après la perte d’un enfant, il offre différents services tels que des groupes de soutien, des ateliers de discussions ou de gestions de stress, des ateliers d’expressions.

«J’ai la chance d’être maman d’une petite fille de 19 mois, mais je suis aussi maman de notre petit garçon Charles-Émile.»

Se souvenir et célébrer

Voilà maintenant cinq ans que l’organisme officiel existe dans la région de Québec.

«Oui, on en parle plus, du deuil périnatal, mais il y a encore beaucoup d’incompréhension par rapport à ce que les parents vivent et combien ça peut être difficile même si tu n’as pas vécu avec ton bébé», indique l’une des membres fondatrices, Sabrina Courant, elle-même mère endeuillée.  

Le groupe des Perséides apporte d’abord et avant tout une sensation de normalité pour les parents.

«Quand tu vis ça, tu as l’impression d’être la seule au monde. La première chose que les couples réalisent après les rencontres, c’est qu’ils ne sont pas seuls. Il y a une communauté qui vit ça, retrouver cette sensation de normalité... tous les sentiments que tu vis, c’est normal. Quand tu es avec d’autres personnes qui ont vécu la même chose et que tu peux t’exprimer librement là-dessus, tu te sens un peu mieux», explique-t-elle. 

La Marche est organisée par le groupe bien évidemment pour parler du deuil périnatal, mais aussi pour permettre aux gens de cette communauté de se retrouver.

«Oui, c’est la fête des Mères, il ne faut pas oublier qu’il y a des mamans qui sont des mamans, mais qui ont les bras vides. Elles ne sont pas moins une mère que les autres. C’est normalement une fête qu’elles auraient dû fêter avec un enfant dans les bras. Et c’est important de s’en souvenir», termine-t-elle.