Des larmes sur la glace à Humboldt

HUMBOLDT — Des larmes ont coulé et des centaines de personnes se sont étreintes dimanche soir à Humboldt lors d’une vigile en l’honneur des 15 victimes de la tragédie routière survenue plus tôt cette semaine quand l’autobus de l’équipe locale de hockey junior, les Broncos, est entré en collision avec un semi-remorque.

Des personnes ont placé des fleurs en cercle au centre de la patinoire de l’aréna Elger-Petersen de la petite ville de Saskatchewan, pendant que des familles et des amis des joueurs écoutaient des prières et des chants.

Des photos des personnes décédées et blessées avaient été affichées à une extrémité de l’aréna.

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Le seul joueur des Broncos impliqué dans l’accident qui a obtenu son congé d’hôpital, Nick Shumlanski, était présent. Il portait son chandail d’équipe blanc, vert et jaune et on pouvait apercevoir une meurtrissure sous son œil gauche.

Le président de l’équipe, Kevin Garinger, a souligné la douleur qui éprouvait les cœurs dans la salle.

«Je veux dire à toute famille des Broncos de Humboldt, aux détenteurs de billets, au personnel d’entraîneur, aux coéquipiers, aux compagnons de classe, aux enseignants, aux amis et aux membres de la collectivité. Personne n’est seul dans son deuil. Continuez de parler. Continuez d’aider et de soutenir les uns et les autres», a-t-il dit.

Il a ensuite lu la liste des victimes, les morts comme les blessées. À la fin de sa lecture, sa voix s’est étranglée sous l’émotion.

«Aujourd’hui et au cours des jours qui viendront, nous sommes tous des Broncos de Humboldt et nous demeurons tous de puissants Broncos de Humboldt.»

Pour le maire de la municipalité, Rob Muench, la cérémonie de dimanche soir «était la première étape du processus de guérison de sa communauté».

Un moment de silence a été observé à l’heure où, normalement, un match aurait commencé.

Dans la salle, de nombreux visages endeuillés n’ont pu réprimer les larmes. Nombreux étaient ceux qui portaient le chandail de l’organisation.

Cérémonie oecuménique

La cérémonie était oecuménique. De nombreux leaders religieux se sont adressés à la foule.

Le pasteur et aumônier de l’équipe, Sean Brandow, pour un, a éprouvé des difficultés à réprimer ses larmes tout au long de son très émouvant sermon. Il a dû souvent s’arrêter, ému.

«Je ne voulais pas être ici, mais c’est bon que nous le soyons», a-t-il reconnu.

Il a raconté qu’il se dirigeait vers Nipawin pour assister au match qui n’a jamais eu lieu et vu une scène horrible.

«Nous sommes arrivés sur les lieux [de l’accident] et avons découvert une scène que je ne voudrais plus jamais voir, entendu des sons que je ne voudrais plus jamais entendre.»

Il s’est senti perdu après son arrivée à l’hôpital.

«Être assis et tenir la main d’un corps mort: c’est la vallée des ténèbres. Tout ce que je pouvais voir, c’étaient les ténèbres, la douleur, l’angoisse, la peur, la confusion. Et je n’avais rien à offrir. Rien. Je suis un pasteur. Je dois avoir quelque chose.»

M. Brandow a aussi reconnu qu’on pouvait se poser des questions: pourquoi? Où était Dieu?

À grand renfort d’extraits de Psaumes et de Saint Paul, il a tenté de consoler les âmes en peine. Il a encouragé les gens rassemblés à se fier à leur foi pour faire face à la tragédie.

À ceux qui pourraient douter de la présence de Dieu dans une telle tragédie, il a posé un choix. «Que préfériez-vous faire dans les derniers instants de votre vie? Vous mettre à la recherche de Dieu qui a souffert et peut vous consoler? Ou rester amer?»

«Peut-on guérir? Oui! Dieu est-il présent? Oui!» a-t-il conclu.

La chanteuse Amada Quaye a ensuite invité la foule à entonner avec elle l’émouvant hymne Amazing Grace.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a assisté à la vigile en compagnie du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe. Avant le début de la cérémonie, il avait rédigé sur son compte Twitter: «Ce soir, nous honorons leur mémoire. À l’équipe, aux familles, à la communauté: le pays tout entier est derrière vous. Nous vous aimons, et nous nous souviendrons».

Plus tôt dans la journée, M. Trudeau avait rendu visite aux survivants à l’hôpital.

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