Des jeunes de centres jeunesse à l’emploi des villes cet été

MONTRÉAL — Cet été, des jeunes de centres jeunesse seront à l’emploi de plusieurs municipalités du Québec, une expérience qui leur permettra de bonifier leur curriculum vitae, mais aussi de s’accrocher à leurs études, selon des intervenantes.

À Montréal, 30 jeunes travailleront dans les bibliothèques, les bureaux et les parcs de la Ville pendant la saison estivale et certains d’entre eux resteront même pour l’année scolaire à temps partiel.

Cette initiative a été lancée en 2013 par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), en collaboration avec la Fondation Simple Plan, qui aide les jeunes en difficulté. En 2017, 58 municipalités avaient embauché 100 jeunes pendant l’été.

Samedi matin, à Montréal, les futurs participants étaient présents à l’hôtel de ville pour passer une entrevue avec leur employeur.

Amélie (nom fictif), âgée de 16 ans, a tellement apprécié son expérience l’été dernier qu’elle reprendra du service cette année. Elle dit que son travail l’a aidée à mieux travailler en équipe et à accepter les autres dans toute leur différence.

«[Ça m’a aidée] surtout à accepter que l’autre personne ne soit pas autant persévérante que toi, ou qu’elle n’ait pas les mêmes objectifs dans un dossier ou un point donné», a-t-elle expliqué en entrevue.

La jeune fille, qui ne tolère pas les injustices, rêve de devenir avocate. Après avoir terminé son secondaire, elle prévoit aller au cégep en techniques juridiques pour «se tremper le bec dans le domaine» rapidement, avant d’aller possiblement à l’université.

Trois intervenantes rencontrées sur place ont souligné tous les apports positifs de ce projet. Les jeunes qui participent ont une meilleure estime d’eux-mêmes, ils deviennent plus autonomes et cela leur donne plus d’outils pour la vie adulte, a expliqué Monique Laverdure, éducatrice aux Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.

«Un succès pour eux, c’est un succès pour nous, et c’est un succès pour la Ville de Montréal», a-t-elle ajouté.

Natasha Kocsa, conseillère en adaptation au travail dans un centre jeunesse de Montréal, souligne que c’est aussi un moyen de raccrocher les jeunes à leurs études.

«Pour les jeunes qui n’ont pas encore atteint [le secondaire 5], on peut leur dire: «“regarde tu as déjà travaillé à la Ville de Montréal, poursuit des études, va au bout de ton chemin”», a-t-elle expliqué.

Mme Kosca indique que les jeunes employés auront aussi parfois une influence sur leurs pairs aux centres jeunesse.

«C’est une bonne influence sur les autres, ça donne un bon message et ça encourage les autres d’être motivés aussi, de prendre une chance. Nos jeunes, ils ont peur aussi, parce que c’est quelque chose de complètement différent», a ajouté Silvana Scarapicchia, chef de service par intérim pour la transition vers la vie adulte aux Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.

Ce sont les intervenants qui vont recruter des jeunes prêts à travailler. Ils vont généralement les préparer en amont pour s’assurer que leur passage à la ville ne sera pas un échec.

Un programme élargi?

Robert Beaudry, qui est responsable du développement économique et commercial et des relations gouvernementales du Conseil exécutif de la Ville de Montréal, a confié en entrevue que l’administration souhaitait élargir éventuellement le programme pour, peut-être, offrir 50 postes aux jeunes l’année prochaine.

«C’est quelque chose de tellement structurant, on doit aller plus loin», a-t-il déclaré.

«Il y a des enjeux au niveau du recrutement, on le sait. Mais les éducatrices travaillent tellement fort pour le faire... Et on serait peut-être capables de se rendre à 50 l’année prochaine», a-t-il ajouté.

Cette année, 30 postes sont disponibles, et 26 étaient comblés en date de samedi.

Monique Laverdure fait aussi appel aux entreprises pour qu’elles emploient des jeunes de centres jeunesse.

«J’aimerais beaucoup que la communauté s’implique. Si vous avez une petite entreprise, vous pouvez prendre des jeunes et devenir leur mentor pour leur montrer certaines habiletés professionnelles», a-t-elle indiqué.

«C’est le plus beau cadeau qu’on peut se faire et qu’on peut faire à un jeune.»