Le président du RTC Rémy Normand a rencontré la presse jeudi.

Des forfaits bus-vélo-taxi à Québec

Au plus tard en 2026, les citoyens de Québec pourront se déplacer dans la Ville en prévoyant d’un seul clic s’ils veulent embarquer dans un autobus ou un taxi ou enfourcher un vélo pour se rendre d’un point A au point B.

Le Réseau de transport de la Capitale intègre un nouveau concept au cœur de son plan stratégique 2018-2027 présenté jeudi : la mobilité intégrée. Elle permet de combiner plusieurs modes de transport pour un même trajet à coût fixe en un seul paiement.

En 2022, le RTC souhaite amorcer l’implantation d’un guichet unique de transports via une application mobile. Après avoir inscrit le point d’origine et la destination, l’application lui offrira le trajet le plus rapide, au meilleur prix, selon les différentes offres de service sur son trajet : taxi-bus, autobus, tramway, autopartage, vélo partagé. Le service à l’avantage de faire payer l’utilisateur une seule fois, peu importe le nombre de transports empruntés.

Il sera possible de payer à chaque utilisation ou d’acheter des forfaits selon les besoins. Pour ce faire, le RTC devra établir des ententes de services avec divers fournisseurs de transport basées sur celle déjà signée avec l’industrie du taxi.

Actuellement, certains résidents de Saint-Augustin trop éloignés du réseau de transport en commun peuvent appeler un taxi pour se rendre à l’arrêt le plus près. Ce service, à coût fixe de 2 $ pour l’utilisateur, est payé en partie par le RTC. C’est encore moins dispendieux que de payer pour faire circuler des autobus dans ces secteurs moins densément peuplés.

Pour le président du RTC, le conseiller Rémy Normand, cette flexibilité permettra de convaincre encore plus de citoyens de délaisser l’automobile à certaines occasions, surtout les ménages qui possèdent deux véhicules, l’une des clientèles visées.

«Il y a des familles qui ne peuvent pas penser au transport en commun et au transport alternatif. Notre travail comme gestionnaire public est de leur dire qu’on leur offre des options. Les modes de transports ne sont plus en concurrence, mais en complémentarité», explique-t-il.

«Dans le modèle actuel, tu prends une ligne et t’essaies de te rendre quelque part. Dans le futur modèle, c’est que ça va ouvrir à plein de destinations sur le territoire. Les gens ne seront pas limités à une seule destination», ajoute M. Normand.

810 M$ pour maintenir et développer les services

Le RTC prévoit investir 810 millions $ sur 10 ans pour maintenir et développer les services. Cette somme est complémentaire des 2,9 milliards $ prévus pour l’implantation du tramway.

Des 810 millions $, 522 millions $ serviront au maintien du matériel roulant, des infrastructures actuelles et des systèmes. Les 288 millions $ restants seront alloués au développement des infrastructures et des systèmes.

La somme peut paraître élevée. Cependant, le RTC précise que, sans tramway, il aurait fallu dépenser 1,265 milliard $ sur un réseau sans retirer aucun gain d’efficacité.

Selon les prévisions du réseau de transport, le nombre de déplacements devrait grimper de 30 % dans les deux à trois années suivant la fin du déploiement du réseau structurant.

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Un plan bien reçu

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, accueille avec intérêt le plan stratégique qui lui a été présenté jeudi lors d’un comité plénier.

«Il y a de bonnes idées là-dedans. On ne peut pas être contre ce qui a été présenté. On dit depuis le début que le RTC peut aller encore plus loin. On s’inscrit en collaboration et on veut que ça avance plus vite.»

Même son de cloche du conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, qui se dit satisfait «de changer les règles du jeu en misant sur diverses modalités de transport.»

Étienne Grandmont est directeur général d’Accès transports viables. Militant de la première heure du transport alternatif, il ne peut que se réjouir des orientations du plan stratégique.

«On a tout le temps dit qu’il fallait un réseau structurant pour désengorger [avec le tramway, trambus et autobus]. On vient ajouter des outils technologiques pour favoriser l’intermodalité. Québec a un territoire très très vaste. On a besoin de ça pour couvrir l’étendue. Ça donne des options aux gens», conclut-il.