En quelques jours à peine, de nombreux commerces, restaurants et bars populaires de la rue Saint-Jean ont choisi de fermer leurs portes temporairement. Par endroits, des cas de COVID-19 ont incité les marchands à prendre la décision, ailleurs, on l’a fait de façon préventive.
En quelques jours à peine, de nombreux commerces, restaurants et bars populaires de la rue Saint-Jean ont choisi de fermer leurs portes temporairement. Par endroits, des cas de COVID-19 ont incité les marchands à prendre la décision, ailleurs, on l’a fait de façon préventive.

Des fermetures «responsables» sur Saint-Jean

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Au moment où l'on voit poindre la zone rouge à l'horizon et que les fermetures temporaires de commerces se multiplient sur la rue Saint-Jean, leurs collègues d’autres artères commerciales de Québec observent la situation avec attention et solidarité. De «sages» décisions dans le contexte, s’entendent-ils.

Unanimement, tous ont salué le caractère responsable et consciencieux de leurs copains du Faubourg.

En quelques jours à peine, de nombreux commerces, restaurants et bars populaires de la rue Saint-Jean ont choisi de fermer leurs portes temporairement. Par endroits, des cas de COVID-19 ont incité les marchands à prendre la décision, ailleurs, on l’a fait de façon préventive.

Du Sacrilège au Nina Pizza Napolitaine en passant par le Bateau de nuit, la Buvette Scott et le Nelligan, à divers degrés alors que certains sont déjà rouverts, d’autres gardent leurs activités sur pause. 

En quelques jours à peine, de nombreux commerces, restaurants et bars populaires de la rue Saint-Jean ont choisi de fermer leurs portes temporairement. Par endroits, des cas de COVID-19 ont incité les marchands à prendre la décision, ailleurs, on l’a fait de façon préventive.

Choix «solidaire», mais «difficile»

Face à une vague de nouveaux cas de COVID-19 qui déferle dans la capitale, aucun des représentants de commerçants n’exclut la possibilité de faire de même s’il était confronté à pareille situation, si la maladie s’immisçait dans plusieurs établissements. 

«C’est la meilleure idée de fermer momentanément, le temps de s’assurer que tout est beau et qu’il est confirmé qu’ils ne sont pas vecteurs d’éclosion», commente le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montcalm, Jean-Pierre Bédard.

Du côté du quartier Saint-Sauveur, largement médiatisé cet été en raison de l’éclosion survenue au bar Kirouac ayant engendré plus de 70 contaminations, l’avis est le même. 

«On s’attend de nos membres qu’ils soient responsables et solidaires et c’est ce qu’on a observé sur la rue Saint-Jean : des commerçants ont fermé avant même d’être exposés au virus», expose Martin Parrot qui termine ces jours-ci son mandat comme président de la SDC Saint-Sauveur. 

Une décision qu’il perçoit comme étant «difficile» pour ses collègues et amis, lui-même copropriétaire d’une microbrasserie du quartier, Le Griendel.

«Ce n’est pas facile, parce que ce n’est pas juste de perdre une semaine de revenus potentiels, c’est aussi la possibilité que les clients ne comprennent pas pourquoi ils sont fermés et pourraient ne pas revenir.»

En quelques jours à peine, de nombreux commerces, restaurants et bars populaires de la rue Saint-Jean ont choisi de fermer leurs portes temporairement. Par endroits, des cas de COVID-19 ont incité les marchands à prendre la décision, ailleurs, on l’a fait de façon préventive.

«On ne crie pas panique», mais…

Sur 180 commerces dans le Faubourg, ceux qui ont cessé temporairement d’opérer ne représentent que 5 % du lot. La situation est «sous contrôle», dans Saint-Jean-Baptiste, assure Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon, directrice de la SDC du quartier touché par de nombreuses fermetures temporaires au cours de la dernière semaine. Pas lieu donc de «crier panique» dit-elle, alors que moins d’une dizaine de propriétaires avaient jusqu’ici emboîté le pas. 

«La grande majorité est toujours ouverte et applique les consignes de la Santé publique pour assurer la protection de la clientèle et des employés, rappelle-t-elle. Il n’y a pas à avoir peur de se rendre dans le secteur, pas plus qu’ailleurs».


« C’est assez triste, on le sait très bien que d’autres vont suivre. Il fait beau, les gens se promènent en ville, mais ils ne rentrent pas pour consommer, ils ont peur. Ça n’aide pas à faire vivre les commerces ça »
Le directeur de la SDC du Vieux-Québec, Jacques-André Pérusse

Mais cette peur, elle a bel et bien gagné des clients, observe le directeur de la SDC du Vieux-Québec, Jacques-André Pérusse. Puis, il y a l’ombre d’un possible reconfinement avec le passage potentiel de la région en zone rouge qui plane sur Québec. 

Une situation pour le moins «préoccupante», alors que 17 commerces du secteur historique ont déjà fermé leurs portes de façon définitive au cours des derniers mois. 

«C’est assez triste, on le sait très bien que d’autres vont suivre. Il fait beau, les gens se promènent en ville, mais ils ne rentrent pas pour consommer, ils ont peur. Ça n’aide pas à faire vivre les commerces ça», se désole M. Pérusse.

Sur la rue Maguire, l’achalandage est au rendez-vous, bien que dans une mesure «légèrement moins intense» qu’à l’habitude, note Bruno Salvail, directeur général de la Société de développement commercial Maguire. 

«On sent que les gens respectent les règles, il y a moins de monde. Mais on a fait face à une pire situation en mars, alors même si ça ne fait pas l’affaire de tous, j’ai impression que les commerçants seraient capables d’assumer le coup [d’un reconfinement], surtout avec des promesses d’avenir meilleur à court ou moyen terme», souhaite M. Salvail. 

La zone rouge «personne ne la souhaite, mais on n’a pas de contrôle à part essayer de faire du mieux qu’on peut.» Un peu comme les marchands de Saint-Jean-Baptiste qui «démontrent en fermant temporairement et de manière préventive qu’ils prennent soin de leurs visiteurs», termine la représentante des commerces du quartier, Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon.