Un vélo fantôme à la mémoire de Clément Ouimet, fauché au début du mois d'octobre, a été installé sur la voie Camillien-Houde.

Des cyclistes manifestent pour des aménagements sécuritaires concrets

MONTRÉAL - Une manifestation à vélo s'est déroulée dans les rues de Montréal samedi après-midi pour sensibiliser la population à la sécurité routière.

Les manifestants se sont arrêtés devant des bicyclettes peintes en blanc qui sont installées dans la métropole en mémoire des cyclistes décédés sur les routes.

Ils se sont couchés dans la rue à proximité de l'intersection de l'avenue du Parc et de la rue Saint-Viateur, là où le premier vélo fantôme a été installé il y a quatre ans.

Les cyclistes souhaitaient s'étendre au centre de l'intersection. Ils se sont toutefois pliés aux ordres des policiers qui encadraient leur activité et qui avaient bloqué la circulation par mesure de sécurité.

L'objectif de ce die-in était de mimer la mort de cyclistes sur les routes. C'est «l'effet secondaire le plus tragique» des choix de notre société, a expliqué la porte-parole de l'organisme Vélo fantôme, Gabrielle Anctil, en entrevue avec La Presse canadienne.

Vélo fantôme demande que les aménagements urbains soient conçus en fonction des plus vulnérables, en priorisant les piétons et les cyclistes.

«Si vous ne faites rien, on va continuer à mourir», a-t-elle lancé.

Enjeu électoral

Mme Anctil remarque que très peu d'aménagements sont faits à la suite de la pose d'un vélo fantôme.

«Presque tous les vélos fantômes qu'on a posés, la même collision, le même incident pourrait se produire et quelqu'un d'autre pourrait mourir exactement de la même façon», a-t-elle déclaré.

Elle souhaite que les enjeux des cyclistes soient davantage mis de l'avant dans la campagne électorale municipale.

«On pourrait éviter des décès si en tant que société on choisissait les plus vulnérables, a-t-elle affirmé. Le design urbain qui cause des décès, c'est quelque chose sur lequel on a le contrôle.»

La mort du cycliste de 18 ans Clément Ouimet qui a été fauché sur la voie Camillien-Houde au début du mois a relancé le débat sur la sécurité des cyclistes à Montréal.