Une vingtaine de directeurs de CPE de la région de Québec ont récemment transmis à la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, des «pistes de solution» qui pourraient permettre de traverser la période d'austérité budgétaire tout en sauvant «l'âme» du réseau des CPE, c'est-à-dire le tarif unique pour tous.

Des CPE de Québec prêts à des compromis pour préserver le tarif unique

Des CPE de la région de Québec sont prêts à faire des compromis pour préserver le tarif unique des garderies subventionnées. Au menu : partage de services, fusions et augmentation du nombre d'enfants par groupe.
Une vingtaine de directeurs de centres de la petite enfance (CPE) de la région ont récemment transmis à la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, des «pistes de solution» qui pourraient permettre de traverser la période d'austérité budgétaire tout en sauvant «l'âme» du réseau des CPE, c'est-à-dire le tarif unique pour tous.
«On est de ceux qui croient fermement que l'universalité devrait rester si on ne veut pas créer un réseau à deux ou trois vitesses», affirme Richard Bigaouette, directeur du CPE du CHUL et porte-parole de ce «groupe de travail» informel.
Les CPE sont toutefois prêts à faire leur bout de chemin, ajoute M. Bigaouette. «Il faut peut-être revoir le modèle si on veut arriver à faire notre part et amener la province en équilibre budgétaire. On croit qu'il y a des choses à faire.»
Les CPE qui ont participé à cette initiative croient qu'il y aurait des économies à faire en partageant davantage de services, comme pour la comptabilité par exemple. Les fusions entre CPE, qui regrouperaient de trois à cinq installations, pourraient aussi permettre de faire des économies et même d'offrir davantage de services, comme ceux d'une conseillère pédagogique. Les CPE aimeraient aussi pouvoir louer une partie de leurs locaux la fin de semaine afin d'aller chercher des revenus supplémentaires.
Hausse des ratios
Dans le document présenté à la ministre Charbonneau, il est aussi proposé d'augmenter le nombre d'enfants par éducatrice, qui pourrait passer de 8 à 9 pour les enfants de trois ans et de 10 à 12 pour les enfants de quatre ans. Dans le réseau scolaire, où il existe maintenant des groupes de maternelle pour les enfants de quatre ans, le maximum d'enfants par groupe est de 18.
Au Regroupement des CPE des régions de Québec et de la Chaudière-Appalaches, qui compte 140 membres, on affirme ne pas être contre ces pistes de solution, «puisque ce sont des propositions de nos membres». «Il y a des éléments sur lesquels les gens sont lucides», lance son directeur général, Daniel Lépine.
Il met toutefois de sérieux bémols sur l'augmentation du nombre d'enfants par éducatrice, qui est loin de faire l'unanimité auprès de ses membres. «On veut offrir notre collaboration, mais pas au détriment des enfants», précise-t-il.