Certains soirs, le vrombissement des avions-citernes faisait tressaillir les citoyens de Québec.

Des citoyens dérangés par les exercices des avions-citernes

Les avions-citernes gouvernementaux ont fait tressauter, voire rager, bien des citoyens de Québec au cours des dernières soirées…

Mardi, les résidents de l’ouest les secteurs Sainte-Foy et Cap-Rouge ont entendu et vu de près les gros appareils jaunes qui, après le décollage de l’aéroport Jean-Lesage, planaient près du sol et descendaient pour effleurer le fleuve. Ils ont été d’autant plus surpris qu’il faisait noir, que les horloges affichaient autour de 21h30.

D’autres soirs, le vrombissement des avions faisait plutôt tressaillir des habitants de L’Ancienne-Lorette.

L’administration aéroportuaire et la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) ont d’ailleurs reçu quelques plaintes; pas seulement mardi soir. 

«Ça a duré quelques jours», explique le coordonnateur à la prévention et aux communications de la SOPFEU, Stéphane Caron. «Ce sont les exercices de décollage et d’atterrissage après le coucher du soleil. […] Ce n’était pas en pleine nuit. C’était à peu près de 20h30 à 21h30. Après ça, c’était terminé.»

À l’aéroport, le responsable de la sécurité, Alain Girard, ajoute des détails : «Nous sommes désolés des inconvénients, mais les pilotes […] doivent refaire leur certification en vol de nuit», a-t-il écrit à un lecteur du Soleil. «Les pilotes profitent de la température clémente. Leur circuit est déterminé par le trafic aérien et la direction des vents. La tour [de contrôle] essaie de minimiser les impacts sur la population, dans les limites de la sécurité. Pour l’altitude, c’est normal, car ils doivent descendre près du fleuve et remonter rapidement, ce qui fait que vous les voyez à basse altitude.»

Stéphane Caron, de la SOPFEU, convient que d’aucuns ont pu trouver que les 14 avions-citernes de l’État étaient tonitruants. «Mais ce sont des exercices nécessaires qui ne dureront pas tout l’été.» En fait, les pilotes et copilotes auraient pratiquement terminé cette portion de leur réchauffement annuel précédant la haute saison des incendies. 

Mauricie et Portneuf

Pour assurer le «maintien de leurs qualifications», les pilotes poursuivront toutefois leur entraînement un peu plus à l’ouest jusqu’à la mi-mai. «Ils vont faire des exercices d’écopage d’eau et de largage, mais ça ne se fait pas, évidemment, autour de l’aéroport de Québec.»

«Le début des exercices, ils le font vers le coin de Bastican, en Mauricie, sur le fleuve. Après ça, ils en font aussi un peu à la hauteur de Portneuf.»

Les pilotes bifurqueront ensuite dans les terres. «Notre naturel c’est plus de faire de l’écopage sur des lacs plutôt que le fleuve, donc dès que les lacs sont calés ils vont en faire au lac Saint-Joseph et au lac Montauban», explique Stéphane Caron. «Ces écopages-là, ils essaient de les faire plus en semaine, le jour, au moment où les villégiateurs autour du lac sont moins présents.»

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FEUX DE FORÊT: DÉBUT DE SAISON EXCEPTIONNEL

L’an dernier, à peu près à la même date, Le Soleil soulignait que la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) vivait son plus petit début de saison depuis sa création en 1994. Eh bien, les fortes précipitations de l’hiver qui s’est étiré et le froid des dernières semaines permettent au début de saison 2019 de se classer aussi parmi les plus tranquilles au chapitre des incendies dans la nature. Il reste encore de la neige au sol dans plusieurs régions, souligne d’ailleurs un porte-parole, Stéphane Caron. La SOPFEU a recensé une vingtaine de feux cette année; loin de la moyenne des dix dernières années qui est de 97 «à pareille date». Et les flammes n’ont grugé que 8 hectares de verdure environ, contre une moyenne sur 10 ans de près de 79 hectares! M. Caron ne voudrait toutefois pas que les citoyens relâchent leur vigilance : «Ça peut donner une fausse impression de sécurité aux gens. La situation peut changer très vite.» Quelques jours de soleil suffiront à assécher les feuilles mortes et accroître le risque, dit-il.