En 2017, le ministère de la Culture et des Communications a rendu public un nouveau Plan de conservation du site patrimonial de l’île d’Orléans. À partir de ce moment, les problèmes ont commencé à s’additionner.

Des citoyens de l’île d’Orléans excédés par le ministère de la Culture

Les citoyens de l’île d’Orléans en ont assez du ministère de la Culture et des Communications. Ils doivent se soumettre à des «délais abusifs» de traitement de demandes pour tout projet de rénovation, certains n’ont même pas l’accord pour construire une porte qui mène à la cour arrière et les coûts des travaux se voient doublés pour l’utilisation de matériaux spécifiques... Le 15 mai, une plainte a été formulée à l’intention du Ministère. Mardi, le regroupement citoyen jugeait la réponse reçue «inacceptable».

Le Regroupement de citoyens du site patrimonial de l’île d’Orléans avait formulé une plainte en mai parce que les résidents veulent en finir avec les constats d’infraction ou les délais de traitement des demandes d’autorisation de projets en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Dans un communiqué, il expliquait aussi dénoncer «l’arbitraire des décisions» ainsi que «la faiblesse et l’incohérence» de l’information transmise par le Ministère.

«Il y a des citoyens qui sont rendus à ne plus dormir de la nuit, à faire des dépressions... Le Ministère poursuit des citoyens pour des pacotilles. On parle du patrimoine, mais on ne demande pas une démolition. On ne demande rien de compliqué, on ne veut pas construire un manoir moderne rose. On demande de pouvoir entretenir des maisons selon nos capacités financières. On ne sait jamais sur quel pied danser avec le ministère de la Culture. On ne devrait pas avoir à aller en cour pour l’ajout d’une porte en cour arrière», exprime la porte-parole du Regroupement, Caroline Roberge.

En 2017, le ministère de la Culture et des Communications a rendu public un nouveau Plan de conservation du site patrimonial de l’île d’Orléans. À partir de ce moment, les problèmes ont commencé à s’additionner.

Le Regroupement soulève aussi le refus du Ministère de donner des explications ou de rencontrer les citoyens par rapport aux problèmes de permis. De plus, il note «l’attitude hautaine et sans empathie» du personnel dans ses échanges avec les citoyens.

Le ministère nie le problème

Le Regroupement déplore la réponse envoyée par Julie Lévesque, secrétaire générale et directrice au bureau de la sous-ministre. Cette réponse reflète selon les citoyens «un déni complet des actes reprochés».

«On était sous le choc. On s’attendait au traitement d’une plainte administrative. On s’attendait à la limite à se faire dire que quelques éléments n’étaient pas recevables. Mais c’est comme si tout ce qu’on a dit et tout ce qu’on a prouvé, ce n’est pas vrai et on s’en fiche. Pour une raison qui nous est inconnue, au lieu de traiter la plainte, ils ont plutôt décidé de nous envoyer un argumentaire. C’est très insultant et méprisant», ajoute Mme Roberge.

Constats d’infraction

La secrétaire générale mentionnait la présence accrue d’une personne qualifiée du Ministère sur l’île qui «rencontre selon leur volonté les demandeurs sur le lieu même des travaux prévus afin de bien comprendre le contexte et les enjeux reliés à leur demande». Or, le Regroupement informe que les enquêtes de cette personne qualifiée mènent systématiquement à des constats d’infraction.

Le Regroupement veut aussi réitérer sa demande de rencontre avec le Ministère, demande ignorée depuis plus d’un an.

«Il devrait y avoir des efforts consacrés à la préservation du patrimoine, au lieu de ça, on s’acharne sur nous pour des niaiseries», termine Mme Roberge.

Le Regroupement citoyen analysera prochainement la nature de ses prochaines actions, afin que les citoyens soient finalement entendus, et surtout compris.