Paul Garneau
Paul Garneau

Des adieux sans bruit: Paul Garneau (1928-2020)

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
À la retraite, Paul Garneau voulait continuer à travailler.

Après un quart de siècle comme policier au sein de la police de Sainte-Foy, il s’est mis au service de l’entreprise de son fils, un certain Louis Garneau.

Paul Garneau est donc devenu ouvrier chez Louis Garneau Sports, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il a fait de la livraison, du transport, de l’entretien. Il était même syndiqué. 

Il a gardé son boulot jusqu’à l’âge de 87 ans. «Honnêtement, il était heureux de travailler pour son gars!», dit Louis Garneau. «On a eu la chance, lui et moi, de se voir à tous les jours», ajoute M. Garneau, qui considérait son père comme son meilleur ami.

Paul Garneau était aussi derrière les réussites en cyclisme de son fils, qui a notamment été champion canadien en poursuite individuelle en 1978 et a participé aux Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.

Quand Louis Garneau était jeune, son père et sa mère l’accompagnaient dans les compétitions. Paul Garneau était le chauffeur attitré. Il informait aussi son fils des temps de passage. «Il sortait une petite montre et il me disait : “t’as une minute 20 d’avance sur le peloton”». 

Catholique pratiquant, Paul Garneau était un homme d’une grande bonté. Il accordait beaucoup d’importance au pardon et n’accumulait pas de rancune. «Je n’ai jamais connu personne qui pouvait dire un mauvais mot sur mon père», dit Louis Garneau. 

Même dans l’adversité, Paul Garneau restait bienveillant. Le 3 mars dernier, quand Louis Garneau Sports inc. s’est placé à l’abri de ses créanciers — qui ont depuis accepté une offre de l’entreprise — le père a d’abord pensé au bien-être de son fils de 62 ans. «Papa, il me disait tout le temps : “ben là, au pire-aller, tu vendras ça, pis arrêtes de te fatiguer avec ça”», raconte Louis Garneau. 


« Je n’ai jamais connu personne qui pouvait dire un mauvais mot sur mon père» »
Louis Garneau

Cette année, la santé de Paul Garneau s’est dégradée rapidement. Le nonagénaire a subi des mini accidents vasculaires cérébraux (AVC) et il s’est cassé les côtes en chutant à l’hôpital. Il a vécu ses derniers moments à la fin du printemps, dans une chambre du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), quand le Québec commençait à se déconfiner. 

Par la force des choses, les restrictions sur le nombre de visiteurs ont accentué l’intimité de la famille immédiate. Paul Garneau a passé des moments précieux avec sa femme, sa fille et son fils. «Je me suis senti chanceux durant la pandémie d’avoir du temps et la permission d’aller voir mon père, dit Louis Garneau. [...] Ça m’a fait apprécier le temps [avec lui], parce que, comme on dit, les barrières n’étaient pas ouvertes au complet». 

Deux jours avant le décès de son père, à 91 ans, Louis Garneau a passé la nuit dans la chambre d’hôpital, sur un fauteuil. Paul Garneau était très heureux que son fils reste avec lui. Avec son téléphone, Louis Garneau a capté cet instant de joie. 

Au crépuscule de sa vie, Paul Garneau affichait ce grand sourire rempli de bonté qui le caractérisait tant, remarque son fils. «C’est la plus belle chose que je me rappelle de papa».

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