L'incendie était encore bien visible vendredi, bien que contrôlé, quatre jours après le déraillement d'un train au Nouveau-Brunswick, qui a forcé l'évacuation de 150 personnes.

Déraillement au Nouveau-Brunswick: le CN redirige les trains vers l'Est-du-Québec

Le déraillement mardi d'un train de marchandises à Plaster Rock, au Nouveau-Brunswick, a forcé le Canadien National à rediriger le trafic vers son autre voie ferrée passant par Rivière-du-Loup, Rimouski, Mont-Joli et la vallée de la Matapédia. De deux trains par jour, la circulation y est passée à six trains, des convois transportant une certaine proportion de produits pétroliers et d'autres marchandises dangereuses.
Le maire de Rimouski, Éric Forest, qui avait exprimé depuis la tragédie de Lac-Mégantic une inquiétude quant à la sécurité liée au passage des trains dans sa ville, a toutefois indiqué vendredi que l'intensification présente de circulation ne le préoccupait pas outre mesure, ayant été informé par un haut dirigeant du CN que la situation était temporaire.
«Ils ralentissent leurs convois [dans la zone urbaine de Rimouski] et les convois sont moins longs, parce que les voies d'évitement sont plus courtes que sur leur autre voie ferrée [passant par Plaster Rock]», a indiqué M. Forest.
À la suite du déraillement néo-brunswickois, il dit avoir été contacté par Sean Finn, haut dirigeant du CN, sans l'avoir sollicité. «J'ai eu beaucoup de communications avec le CN depuis la tragédie de Lac-Mégantic», a indiqué M. Forest, en sa qualité de président de l'Union des municipalités du Québec.
Il était sous l'impression vendredi que le CN pourrait rétablir la circulation sur la voie passant par Plaster Rock «au cours des 24 ou 48 prochaines heures». Toutefois, Jim Feeny et Nuria Derez de Leon, deux porte-parole du CN, étaient moins précis, en fin de journée.
Brûlage contrôlé
«Nous avons utilisé la technique du brûlage contrôlé (une combustion stimulée avec des explosifs) pour mettre un terme en quelques heures à la combustion du carburant restant dans trois wagons», a indiqué M. Feeny. Des experts de la Louisiane ont été embauchés pour réaliser l'opération.
délai de rétablissement
Quant au délai de rétablissement de la circulation sur la voie partant de Saint-André-de-Kamouraska et se rendant à Moncton, via Edmundston et Plaster Rock, Nuria Perez de Leon l'évalue en jours, sans en préciser le nombre.
«Notre priorité est de permettre aux gens [évacués] de rentrer chez eux. Quand le feu aura été éteint, il faudra attendre que le lieu soit refroidi, puis des inspecteurs le vérifieront, il y aura dégagement des wagons, réparation et inspection de la voie avant la reprise de la circulation», précise-t-elle.
Mme Perez de Leon précise d'autre part que les trains détournés vers Rimouski, Matapédia et le nord du Nouveau-Brunswick sont loin de transporter uniquement du pétrole.
«Parmi les quatre trains supplémentaires, deux dans chaque direction, il y a deux convois de marchandises générales, dont du pétrole et d'autres produits dangereux, et deux trains intermodaux [de conteneurs]», note-t-elle. Au sujet du nombre de wagons transportant du pétrole, elle ajoute que «ça varie».
Dix-neuf des 122 wagons d'un train de marchandises générales ont déraillé mardi soir, entraînant un incendie qui brûlait encore vendredi soir, mais de façon contrôlée, et l'évacuation de 150 personnes. Six wagons ont été dégagés dans la nuit de jeudi à vendredi. Une locomotive a aussi déraillé.
Le Bureau de la sécurité des transports a établi qu'une roue de wagon s'était fissurée alors que le train roulait, entraînant d'abord la sortie de rail d'un bogie, puis d'une partie du convoi. Les enquêteurs ont aussi noté la présence d'un rail brisé.