Jeudi matin, un train de la Compagnie minière IOC a déraillé à 20 kilomètres au nord de Sept-Îles, sur le tracé de la QNS&L, faisant un mort.

Déraillement au nord de Sept-Îles: mystère autour des feux de circulation du chemin de fer

Les circonstances entourant le déraillement d'un train au nord de Sept-Îles jeudi dernier, qui a coûté la vie à son conducteur, commencent à s'éclaircir. Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) révèlent après investigations que les feux de circulation sur le chemin de fer n'ont pas tourné au rouge avant que le train entre en collision avec les éboulis laissés sur les rails.
Est-ce que l'affaissement de terrain qui a fort probablement causé le déraillement des deux locomotives et de 9 des 240 wagons vides du convoi s'est produit avant que le train arrive sur place? Il est encore trop tôt pour y répondre, selon le BST. «Si oui, les rails n'ont pas été brisés par l'éboulis, parce que s'ils l'avaient été, les lumières seraient tombées au rouge», indique l'enquêteur principal au dossier, Guy Laporte.
C'est que les voies ferrées sont reliées à un système informatique qui permet de détecter si les rails sont endommagés. «Les informations que nous avons jusqu'à présent, c'est que les feux de circulation précédant [le lieu de l'accident] étaient corrects, au vert», ajoute-t-il. Le BST pourra en apprendre davantage sur la séquence des événements lorsque la locomotive de tête sera extirpée des eaux de la rivière Moisie.
«Ce qui n'est pas demain la veille», affirme l'enquêteur qui explique que l'opération sera délicate, surtout dans ce site difficile d'accès, à une vingtaine de kilomètres au nord de Sept-Îles. «Une locomotive pèse 210 tonnes, je me demande bien comment la compagnie va la sortir de là, mais c'est ce qu'elle veut faire.» Le BST prévoit revenir à Sept-Îles lorsque la locomotive sera sur le point d'être sortie de la rivière. 
Boîte noire
Le Bureau de la sécurité des transports a eu accès à la boîte noire de la deuxième locomotive de tête, celle submergée partiellement. Les données recueillies indiquent que le train circulait à la vitesse permise de 20 miles à l'heure, dans ce secteur. Le BST a terminé sa première phase de travaux qui a consisté en la cueillette d'informations. Entre 400 et 500 photos ont également été prises sur les lieux du déraillement.
Le nettoyage et le confinement du diesel qui a fui de l'une des deux locomotives se sont poursuivis lundi. La quantité de carburant déversé dans la Moisie est toujours inconnue. Aux dernières nouvelles, la Compagnie minière IOC devait fournir un plan d'action pour vidanger les réservoirs. La circulation ferroviaire est toujours interrompue sur le tracé de la QNS&L. La minière doit tenir un point de presse, ce matin à Sept-Îles.