Dorénavant, tout propriétaire riverain d'une ruelle dans le Vieux-Limoilou pourrait recevoir un constat d'infraction de 1000 $ (2000 $ pour un commerce) s'il refuse de participer au déneigement.

Déneigement: la Ville intervient pour mettre fin aux chicanes de ruelles

La Ville de Québec tente de mettre fin aux chicanes de ruelles sur le déneigement dans Limoilou. Un règlement oblige, sous peine d'amende, tous les propriétaires riverains d'une ruelle à participer financièrement au déneigement.

Dorénavant, tout propriétaire riverain d'une ruelle dans le Vieux-Limoilou pourrait recevoir un constat d'infraction de 1000 $ (2000 $ pour un commerce) s'il refuse de participer au déneigement lorsque «la ruelle fait l’objet d’un contrat de déneigement signé par plus de 50 % de l’ensemble des propriétaires riverains», spécifie le règlement adopté par le comité exécutif de la Ville, rendu public jeudi.

«Depuis ma première élection en 2009, j’ai eu plusieurs plaintes de citoyens à cause de mauvais payeurs», explique la conseillère de Limoilou, Suzanne Verreault. En 2013, nous avons mis sur pied un comité de travail pour savoir jusqu'où la Ville peut aller pour aider les citoyens», ajoute-t-elle.

Pour l'heure, la Ville n'a aucun intérêt à acquérir et entretenir les ruelles, précise la conseillère. Elle voulait quand même trouver une solution aux sempiternelles querelles de ruelles. «Le règlement, c'est un facilitateur pour parvenir à une bonne entente», précise Mme Verreault.

Il faut dire que le montant de l'amende est très supérieur à ce que peut coûter la quote-part d'un propriétaire pour le déneigement. Il a de quoi convaincre. Mme Verreault indique aussi que cela pourra éviter de perdre temps et énergie devant la Cour des petites créances dont une majorité de jugements donne raison aux propriétaires qui défendent une répartition égale de la facture de déneigement.

Le projet pilote s'étend de la rivière Saint-Charles au sud à la 26e rue au nord; et du boulevard des Capucins à l'est à l'autoroute Laurentienne à l'ouest. S'il est concluant, il pourrait s'étendre aux autres secteurs de la ville où existent aussi des ruelles.

Exaspéré par les critiques

Le maire Labeaume pourrait trouver l'hiver long si, à chaque tempête, les critiques s'abattent autant que la neige. Il a profité d'une mêlée de presse, jeudi, pour mettre les balises d'une critique acceptable.

«Dorénavant, chaque élu aura les coordonnées de M. Lirette, responsable du déneigement. Ils pourront le joindre 24 heures par jour par courriel pour savoir quel est le problème et où il est. Si un élu parle de neige ici et qu'il n'a pas communiqué le problème à M. Lirette, ça sera un mensonge», a-t-il dit, exaspéré.

Il réagissait à des commentaires formulés par l'opposition officielle sur la piètre qualité du déneigement lors la tempête de mardi. «Il faut arrêter de dire que le déneigement à Québec, ça va bien. Il faut que l'administration dise que ça a été difficile et qu'elle n'avait pas livré la marchandise», a réitéré, jeudi, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin.

Le maire a également invité les élus à suivre une formation auprès des membres du service du déneigement pour comprendre la politique et constater par eux-mêmes qu'elle est respectée. Bon joueur, M. Gosselin a dit qu'il la suivrait, mais demeure convaincu qu'il a raison de décrier la qualité du service.

«Ça fait 50 ans que les politiciens démagogues parlent du déneigement qui va toujours mal, clame pour sa part le maire. C'est très payant pour les médias et les politiciens démagogues. Québec est la ville la mieux déneigée au pays», conclut-il.