Anne Guérette entourée de son équipe
Anne Guérette entourée de son équipe

Démocratie Québec préfère une ville à «échelle humaine»

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a profité de la présentation de son équipe complète jeudi pour livrer sa vision du développement. Aux «gros projets» du maire sortant, elle dit préférer une ville à «échelle humaine».

«On peut dire que Démocratie Québec affiche complet», a lancé Mme Guérette, visiblement galvanisée par cette heureuse nouvelle pour sa formation politique. Comme si la campagne prenait véritablement son envol, elle a expliqué l’essence du message qu’elle livrera aux citoyens dans les prochaines semaines.

«On ne fait pas une campagne contre, mais une campagne pour. On est pour un changement de gouvernance à l’hôtel de ville de Québec. On est pour donner plus de pouvoir au citoyen. On propose d’amorcer un virage de la Ville de Québec du futur. Et on pense que c’est un virage incontournable. La démocratie participative, le développement durable, ce sont des enjeux vers lesquels on se dirige inévitablement.»

La candidate à la mairie ajoute que les «modèles anciens ont prouvé leur essoufflement.» Parmi ces modèles, il y a celui des «power center» comme celui qui s’apprête à lever de terre dans le secteur Duplessis avec l’arrivée prochaine du IKEA. «Qu’est ce qu’on voit? De l’asphalte, des voitures, du plastique et du métal et de la surconsommation et très peu d’arbres. Ce sont des taches grises. Ce sont des modèles dépassés. Comment comprendre que le maire de Québec soutient en 2017 la construction d’un modèle dépassé?»

Elle rappelle que le phénomène des «mégagros commerces» est remis en question avec la fermeture de plusieurs chaînes et l’arrivée du commerce électronique. Selon elle, l’avenir avantage le commerce de gabarit moyen qui a pignon sur rue, tout en faisant des affaires sur Internet.

«Nous sommes en faveur de revitaliser les quartiers. De permettre à plein de gens d’aller à pied ou à vélo vers un service de proximité. Un quartier à échelle humaine où on connaît les gens, nos voisins. C’est un peu ça le quartier de l’avenir. Ça nous distingue de l’administration en place qui aime beaucoup les grosses affaires. Le gros amphithéâtre, le gros phare, le gros IKEA, le gros anneau de glace, le gros marché public, énumère-t-elle. Tout est mégagros. On pense qu’il faut développer un ensemble de petits projets qui vont nous coûter moins chers, qui vont être plus durables et qui vont avoir un gros impact dans la vie de nos citoyens»», a-t-elle conclu.

Nouveaux candidats

Les quatre nouveaux candidats présentés jeudi sont Maud Grenier dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux, Lise Santerre dans Louis-XIV, Luc Paquin dans Val-Bélair et Gilles Piché dans Robert-Giffard. Des quatre, ce dernier est le seul à posséder une expérience politique comme conseiller municipal à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Mesdames Grenier et Santerre oeuvrent déjà l’intérieur de la formation politique. Aucun n’habite son district.

«Si on fait un bon travail de terrain, qu’on écoute les citoyens et qu’on leur explique qu’on veut changer les choses, amorcer un virage, on peut faire un très bon travail de représentation même si on n’habite pas dans le district», soutient Mme Guérette, ne voyant pas cela comme un désavantage.

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Option Capitale-Nationale affiche aussi complet

Le parti Option Capitale-Nationale qui vise l’électorat «progressiste, écologiste et indépendantiste» de la Ville de Québec est la quatrième formation à présenter un candidat dans chaque district. Nicolas Lavigne-Lefebvre, jeune aspirant-maire de 30 ans, est fier de cette accomplissement. «À mesure qu’on annonçait des candidats, ça incitait d’autres personnes à se joindre à nous.» Comme l’avait fait la défunte ex-mairesse Andrée Boucher, M. Lavigne-Lefebvre fera campagne sans affiche. Le programme du parti prévoit notamment imposer une taxe sur l’essence à Québec, bloquer le projet de troisième lien, mettre sur place un train léger sur rail, retirer les services municipaux au Port de Québec s’il est délinquant et réduire le budget consacré aux grands événements. 

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Québec 21 veut permettre plus de virages à droite sur les feux rouges

Québec 21 pense pouvoir faire passer de 238 à 119 le nombre d’interdictions de virage à droite au feu rouge (VDFR) sur le territoire de la Ville de Québec. «Laval a réussi à diminuer de moitié en 2007. Je veux en enlever le plus possible», affirme le chef du parti, Jean-François Gosselin. Citant une étude du Centre de recherche sur les transports de l’Université de Montréal, il croit que l’économie énergétique moyenne projetée de 2,64 litres par an pour un automobiliste justifie la levée de l’interdiction. Cette même étude soutient qu’un automobiliste qui profite du VDFR gagne entre 3 et 15,6 secondes par jour. C’est peu, mais suffisant pour M. Gosselin. «Même insignifiant, y’a un gain de temps sur la qualité de vie des citoyens. Chaque minute de trop qu’on attend à un feu rouge alors qu’on peut tourner à droite, si on ajoute 300 000 véhicules [estimation pour la Ville de Québec], ça fait beaucoup de temps.» Québec 21 propose également de rendre les feux de circulation clignotants la nuit, entre 23h et 6h. Le chef souligne que ces mesures s’appliqueront aux endroits où la sécurité des usagers n’est pas compromise.