Le mandat du chef Jean-François Gosselin pourrait être soumis à un vote de confiance lors de l’assemblée générale annuelle de Québec 21, le 16 avril.

Démissions en bloc à Québec 21

Rien ne va plus chez Québec 21 alors que quatre membres du conseil d’administration et les deux membres de la direction générale annoncent leur démission.

Dans un bref communiqué publié mercredi, les dirigeants du parti de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec ont confirmé que le président, Serge Marcotte, la vice-présidente, Geneviève Cormier, deux autres membres du conseil, Michel Renaud et Samuel Fillion-Doiron, en plus de la directrice générale, Nancy Piuze, et le représentant officiel, Michel Boileau, quittent leur fonction.

«Comme les dépenses étaient conformes et en règle, les six membres démissionnaires se dissocient de leur chef et de ses orientations qui ne sont plus compatibles», écrivent-ils.

En février, le chef Jean-François Gosselin a demandé une enquête sur son propre parti, alléguant certaines «dépenses douteuses». Dans une lettre du 26 mars envoyée à la trésorière de la Ville de Québec, le vérificateur mandaté dit n’avoir «relevé aucune dépense qui était non-conforme».

Malgré tout, M. Gosselin a persisté en disant encore la semaine dernière qu’il n’était «pas fier» de son organisation et demandait à «certaines personnes de repenser leur implication au sein du parti».

Il réclamait aussi plus de démocratie et de transparence et demandait au C. A. de rendre publiques les conclusions du rapport qu’il n’a pas l’autorisation de dévoiler.

Attribution de contrats

Pour le peu qui a transpiré, on a appris que des membres du conseil d’administration ont participé aux délibérations pour des contrats qui leur ont été attribués et que le président Serge Marcotte aurait agi de façon antidémocratique parce qu’il n’a pas voulu fournir à M. Gosselin la liste des membres du parti.

Mercredi matin, Radio-­Canada rapportait que MM. Marcotte et Boileau et Mme Piuze avaient porté plainte contre M. Gosselin à la Commission municipale du Québec la journée même où le vérificateur a fait parvenir une lettre de conformité des dépenses de Québec 21 à la Ville.

Selon eux, il aurait enfreint la loi sur l’éthique et la déontologie et celle sur les élections et les référendums. Ils reprochent à M. Gosselin «d’avoir présenté de faux arguments pour obtenir les détails des dépenses de son parti de novembre 2018», écrit la société d’État. Il aurait aussi copié des renseignements confidentiels et personnels du parti et de fournisseurs.

Enfin, les membres du conseil souhaitent que M. Gosselin cesse de remettre en doute leur intégrité sur la place publique.

Cette guerre fratricide se déroule sur fond de remise en question du leadership de Jean-François Gosselin. D’ailleurs, il a été impossible de savoir, mercredi, si l’assemblée générale annuelle de Québec 21 prévue le 16 avril aura toujours lieu. Au cours de cette rencontre, M. Gosselin pourrait être soumis à un vote de confiance.

Au Cabinet du chef de l’opposition, on dit prendre acte de la décision des membres démissionnaires, sans commenter davantage l’affaire. 

La semaine dernière, M. Gosselin soutenait que des tensions sont palpables depuis la nomination du C. A. en octobre au moment où il a commencé à poser des questions sur «certaines dépenses».