L'aéroport de Québec

Déménager sa maison et son avion

Un pilote amateur veut se construire une piste d'atterrissage privée en territoire agricole, non loin de L'Ancienne-Lorette et de l'aéroport de Québec.
Dave Picard est militaire et pilote un avion deux places dans ses temps libres. Sa résidence et son Cessna 150 sont actuellement à Sainte-Croix de Lotbinière, où il possède déjà une piste d'atterrissage privée.
Propriétaire d'une terre agricole près de la route Jean-Gauvin, au nord du rang Sainte-Anne, M. Picard souhaite y déménager sa demeure et sa passion. 
En vertu des nouvelles règles de Transports Canada, en vigueur depuis janvier, il ne peut toutefois s'exécuter sans avoir consulté les autorités et la population locales car l'aérodrome projeté se trouverait à moins de quatre kilomètres d'une zone densément peuplée. 
Un avis a ainsi été publié la semaine dernière dans le Journal de L'Ancienne-Lorette. On y apprend que la piste ferait 2000 pieds de long sur 30 pieds de large et serait gazonnée. Une partie du champ de foin devrait être «excavée, déblayée et remblayée de façon à obtenir une surface relativement plane pour la piste». Un petit boisé devrait également être rasé. Les travaux sont prévus au printemps 2018.
En entrevue téléphonique au Soleil, le promoteur assure que son projet n'est en rien comparable avec ceux de Neuville ou de Pintendre, qui ont fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. À Neuville, la construction d'un aérodrome en zone agricole a été vigoureusement contestée par la municipalité et la population. Même chose pour l'installation d'une école de parachutisme près d'une piste privée à Pintendre. 
«C'est seulement pour mon usage personnel. Je prends mon avion environ une fois par semaine pendant l'été. Ça prend 30 secondes pour décoller, 30 secondes pour atterrir», insiste le militaire, qui dit s'absenter souvent pour le travail. Pas d'éclairage, pas de déneigement. Que des vols à vue pendant la belle saison.
Comme il y a régulièrement des avions qui circulent dans le secteur - l'aéroport international Jean-Lesage est à environ deux kilomètres de là -, M. Picard considère que le bruit ne peut pas être un problème. «Ce n'est pas pire qu'une [motocyclette] Harley qui passe dans le rang», illustre-t-il. 
L'ancien directeur de l'aéroport de Mascouche, Gilles Lambert, appelé à la rescousse en raison de la complexité de la réglementation fédérale, confirme que les pilotes privés volent en moyenne 25 à 30 heures par année. «C'est pas beaucoup sur une période de huit ou neuf mois», fait-il remarquer aux voisins qui pourraient être tentés de s'inquiéter. 
M. Lambert souligne également que la présence de la tour de contrôle de NAV Canada à l'aéroport de Québec obligera tout pilote voulant décoller ou se poser sur la future piste privée à s'identifier et signaler ses intentions. Impossible de «rentrer en cowboy», dit celui qui veut «rassurer la population de Québec».
La piste ferait 2000 pieds de long sur 30 pieds de large et serait gazonnée.
Des avis à venir 
Mise au courant du projet, la Ville de L'Ancienne-Lorette a posé des questions au promoteur et attend des réponses. «On va regarder toutes les facettes du dossier pour s'assurer que les gens de L'Ancienne-Lorette ne sont pas pénalisés. On ne veut pas que ça vienne alourdir le trafic aérien encore plus», a commenté lundi Marie-Ève Lemay, attachée de presse du maire Émile Loranger. 
La circulation à basse altitude d'hélicoptères a généré beaucoup de plaintes et de frustration depuis l'ouverture en 2014 du Complexe Capitale Hélicoptère à l'entrée des installations aéroportuaires. 
Le directeur des communications de l'aéroport de Québec, Mathieu Claise, a confirmé que l'organisation prépare un avis, dont on ne sait s'il sera positif ou négatif. 
Les organisations municipales et aéronautiques sollicitées ainsi que les intéressés ont jusqu'au 17 septembre pour faire parvenir leurs commentaires au promoteur. Un rapport sera transmis à Transports Canada en même temps que la demande de certificat d'exploitation d'un aérodrome.