Pour Agnès Maltais et le Parti québécois, il est inconcevable que des millions d’artéfacts liés à la nation québécoise soient transférés de Québec à Gatineau.

Déménagement d’artéfacts: Parcs Canada refuse de rencontrer le PQ

Parcs Canada refuse qu’un de ses représentants rencontre l’opposition officielle à l’Assemblée nationale pour discuter de son projet de déménager des artéfacts historiques et archéologiques de Québec à Gatineau.

Dans une lettre datée de la semaine dernière, Hugues Michaud, directeur exécutif pour le Québec et le Nunavut de Parcs Canada, écrit au Parti québécois (PQ) qu’il n’accédera pas à sa demande de rencontre. Un refus qui hérisse la députée de Taschereau, Agnès Maltais.

Pour elle, les artéfacts que possède Parcs Canada à Québec ne peuvent tout simplement pas être transférés dans un nouveau bâtiment qui sera construit à Gatineau pour les accueillir — ceux-ci et ceux se trouvant actuellement dans d’autres réserves de l’agence à Ottawa, Cornwall, Dartmouth et Winnipeg.

«C’est de la dépossession tranquille», s’indigne Agnès Maltais en entrevue avec Le Soleil. Ces artéfacts provenant de la région de Québec sont liés «à une nation», à la nation québécoise.

Ils sont «liés à une histoire et cette histoire, c’est la nôtre», dit-elle. Comme les artéfacts des Micmacs de Restigouche sont liés à la leur, ajoute-t-elle.

Mme Maltais a bien pris note du projet porté par le maire de Québec, Régis Labeaume, de faire en sorte que ces artéfacts sous la gestion de Parcs Canada, ou plutôt une partie d’entre eux, se retrouvent, plutôt qu’à Gatineau, dans un nouveau centre devant être aménagé au Séminaire de Québec, dans le Vieux-Québec. Ils s’y retrouveraient avec les collections de la Ville, du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de l’Université Laval.

Cette perspective ne constitue aucunement une solution aux yeux d’Agnès Maltais. Elle n’est même pas un pis-aller. L’aménagement au Séminaire constituerait «un bel endroit pour exposer ce qu’on réussira à soutirer à Gatineau… On nous propose un lieu d’exposition et non pas un lieu de conservation. Ce n’est pas la même chose», affirme la députée en reprenant à son compte les propos de plusieurs chercheurs de Québec, qui devront à terme, si rien ne change, prendre la route vers Gatineau, car la plus grande partie des objets se retrouveront là-bas.

Une résolution

Hugues Michaud rappelle dans sa lettre que des «échanges se poursuivent avec les représentants du ministère de la Culture et des Communications du Québec, notamment en ce qui a trait […] à un prêt à long terme d’objets liés à la ville de Québec». Il fait référence à ce projet envisagé au Séminaire. M. Michaud rappelle que le ministère québécois de la Culture est le «principal» interlocuteur de l’agence dans ce dossier.

«C’est afin d’assurer le soin et la gestion durable de la collection de Parcs Canada à long terme qu’il a été décidé, en 2012, de construire une nouvelle installation spécialisée à Gatineau au Québec pour l’entreposage et la conservation viables des artéfacts de la collection», écrit Hugues Michaud. Les actuelles réserves situées à Québec et ailleurs au Canada ne satisfont pas aux normes de conservation, poursuit-il.

Agnès Maltais reste attachée au libellé de la résolution adoptée par l’Assemblée nationale le 23 février dernier. Elle se lit ainsi : «Que l’Assemblée nationale dénonce la décision de Parcs Canada de transférer des millions d’artéfacts à Gatineau; qu’elle demande au gouvernement d’exiger que nos artéfacts demeurent dans notre capitale nationale.» Ou au sein de la nation micmaque pour ceux la concernant.

La députée péquiste demande au gouvernement de Philippe Couillard de s’en tenir à cette résolution, de refuser tout transfert à Gatineau.

Au ministère de la Culture et des Communications du Québec, on répète souhaiter que tous les artéfacts de Québec sous la responsabilité de Parcs Canada demeurent dans la capitale nationale québécoise. On estime que le projet porté par le maire Labeaume peut le permettre, alors que lui-même a reconnu que non.