Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et les partis d’opposition ont interpellé, jeudi midi, le gouvernement Legault afin qu’il vienne en aide à ceux qui vivaient déjà dans la misère bien avant la pandémie.
Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et les partis d’opposition ont interpellé, jeudi midi, le gouvernement Legault afin qu’il vienne en aide à ceux qui vivaient déjà dans la misère bien avant la pandémie.

Demande d’aide d’urgence provinciale pour les personnes à faible revenu

Jessica Massé dépend de l’aide sociale pour survivre. Le montant de sa prestation n'a pas changé depuis le début de la pandémie de COVID-19, mais bon nombre de produits essentiels sont eux beaucoup plus chers. Jessica ne sait plus comment elle va arriver à joindre les deux bouts...

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et les partis d’opposition ont interpellé, jeudi midi, le gouvernement Legault afin qu’il vienne en aide à ceux qui vivaient déjà dans la misère bien avant la pandémie.

Comme plusieurs centaines de milliers de Québécois, Mme Massé, une citoyenne qui reçoit une prestation d’aide sociale du gouvernement, n’a pas eu le temps de voir venir la première vague. Les nouvelles dépenses imposées par la pandémie et l’augmentation du prix de plusieurs produits essentiels n’étaient pas prévues dans son budget mensuel. 

«L’épicerie a augmenté en flèche. Je n’ai pas le choix de m’acheter des masques. Même la coiffeuse a augmenté ses prix. Et mon chèque, lui ? Il n’a jamais été augmenté, constate Jessica Massé. Je ne peux pas manger à ma faim parce que tout coûte cher.»

Les deux organismes communautaires et les groupes d’oppositions demandent  au gouvernement de la CAQ d’octroyer une aide financière aux personnes en situation de pauvreté qui, selon eux, ont connu d’énormes pertes depuis le début de la pandémie. Les partis d’opposition ainsi que le Collectif pour un Québec sans pauvreté proposent notamment l’augmentation du crédit d’impôt de solidarité. 

«Les personnes assistées sociales ne peuvent plus faire de petits travaux ou revendre les cannettes vides pour obtenir le 200 $ qu’elles peuvent aller chercher par mois. Sur un budget de 690 $, 200 $, ça fait la différence. Pour elles, ce sont d’énormes pertes. Et pourtant, elles n’ont reçu aucune compensation», souligne Simon Pouliot, porte-parole pour le Front commun des personnes assistées sociales du Québec. 

En interpellant directement le premier ministre Legault et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, M. Pouliot les a suppliés d’augmenter la prestation d’aide sociale de base de 690$ à 1210 $. Augmentée ainsi, la prestation d’aide sociale viendrait alors rejoindre un des barèmes de la prestation de solidarité sociale.

Actuellement, au Québec, les montants de base mensuels pour les prestations d’aide sociale et de solidarité sociale sont de 690 $ et de 1088 $ respectivement. Au Québec, l’aide sociale fourni de l’aide financière aux personnes qui «ne présentent pas de contraintes sévères à l'emploi et qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins de base en raison de leur situation financière» alors que la solidarité sociale vient en aide aux personnes présentant des contraintes sévères à l’emploi.

Des actions politiques nécessaires

Pour les partis d’opposition, la mise à jour économique du 19 juin prochain est une opportunité parfaite pour le gouvernement de la CAQ de présenter des mesures répondant aux besoins des personnes vivant avec un faible revenu. 

En conférence de presse, Manon Massé, cheffe de Québec solidaire, a tenu à rappeler au gouvernement Legault que «nous avons tous une responsabilité collective face aux plus démunis de notre société». En s’adressant directement à M. Legault, Mme Massé s’est dit espérer que les mesures éventuellement annoncées le 19 juin soient rétroactives : «Les gens se sont parfois endettés pour être capables de survivre !»

« Les gens n’ont pas besoin de mesurettes. Ils doivent aller à l’épicerie, acheter du matériel. On a aidé les entreprises, les PME, les travailleurs. Et c’est correct! Mais c’est comme si les gens en situation de pauvreté n’existaient pas », a déploré, à l’instar de ses collègues, Harold Lebel, porte-parole du Parti québécois en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté.

En attendant que des mesures soient annoncées par le gouvernement, Jessica Massé s’inquiète et s’attriste du travail effectué par le gouvernement de la CAQ depuis les trois derniers mois. «Je me sens délaissée et abandonnée par le gouvernement de la CAQ. Monsieur Boulet et Monsieur Legault, je vous demande d’essayer de vivre avec un chèque de 690 $ par mois. Vous allez voir c’est quoi être délaissé», a-t-elle lancé.