«Si j’ai blessé des travailleurs de chez Velan, je m’excuse, je suis de tout coeur avec les familles qui ont perdu leur emploi [sic]», a dit François Legault en chambre, jeudi matin.

Délocalisation chez Velan: Legault s'excuse aux travailleurs

Le premier ministre François Legault a présenté des excuses jeudi à des travailleurs d'une usine de Montréal après avoir dit que cela pouvait être une bonne chose de délocaliser leurs emplois dans un autre pays.

Mercredi, l'opposition libérale avait déploré la suppression de près de 200 emplois sur 18 mois chez Velan, une entreprise québécoise spécialisée dans la robinetterie industrielle qui transfère ses activités en Asie.

M. Legault avait alors rétorqué que «ce n'est pas incohérent et c'est même une bonne chose que certains emplois moins payants soient dans des usines à l'étranger».

À la période de questions jeudi matin, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, a demandé au premier ministre de présenter des excuses aux travailleurs - qui gagnent un taux horaire entre 20 $ et 32 $, des «jobs pas assez payantes» pour M. Legault, a-t-elle ironisé.

«Un premier ministre qui va jusqu'à applaudir une délocalisation, ça, c'est une première», a dit Mme Massé.

«Si j'ai blessé des travailleurs de chez Velan, je m'excuse, je suis de tout coeur avec les familles qui ont perdu leur emploi (sic)», a répondu le chef caquiste, tout en passant rapidement à la contre-attaque en accolant à Mme Massé l'étiquette de «communiste».

M. Legault a de nouveau justifié la décision de Velan en rappelant qu'elle avait perdu 17 millions $ et qu'elle devait prendre des décisions. Il a mis son adversaire de QS au défi de proposer des solutions.

«La cheffe du deuxième groupe n'aime pas qu'on dise qu'elle est communiste, mais je voudrais qu'elle m'explique. Quand une entreprise perd 17 millions $, si on ne change pas la recette, ça va donner le même résultat. Est-ce qu'elle pense qu'une entreprise peut perdre 17 millions $ chaque année puis continuer d'exister?»

Une «belle opération», selon Fitzgibbon

«La dernière chose que le premier ministre du Québec doit faire, c'est cautionner la délocalisation», a dénoncé la porte-parole libérale en matière économique, Dominique Anglade, en Chambre. Elle a mis au défi le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, de répéter la déclaration controversée de son patron.

Il a plutôt indiqué que le gouvernement allait proposer ses programmes à Velan pour améliorer sa productivité. Il a même évoqué une «belle opération» pour minimiser l'effet des pertes d'emplois.

«Les emplois qui vont être perdus, la grande partie va venir par attrition. Donc, la conséquence pour les familles pour lesquelles on souscrit va être moindre que celle qui est peut-être peinturée par différentes personnes. Donc, dans les circonstances, je pense que c'est une belle opération.»