«On peut couvrir 2020 et on peut balancer 2021 toujours avec un gel du compte de taxes. On bénéficie de notre gestion conservatrice depuis des années, mais surtout du cadre financier qu’on s’est imposé. Malgré le déficit, on est ben fier», a commenté le maire Labeaume. 
«On peut couvrir 2020 et on peut balancer 2021 toujours avec un gel du compte de taxes. On bénéficie de notre gestion conservatrice depuis des années, mais surtout du cadre financier qu’on s’est imposé. Malgré le déficit, on est ben fier», a commenté le maire Labeaume. 

Déficit moindre qu’anticipé à la Ville de Québec 

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
La Ville de Québec se dirige vers un déficit cumulé de 143 millions $ pour 2020 et 2021 plutôt que les 215 millions $ anticipés au début de la crise de la COVID.

La mise à jour présentée lundi en marge du conseil municipal de la rentrée dépeint un tableau moins sombre à la satisfaction de Régis Labeaume. «On peut couvrir 2020 et on peut balancer 2021 toujours avec un gel du compte de taxes. On bénéficie de notre gestion conservatrice depuis des années, mais surtout du cadre financier qu’on s’est imposé. Malgré le déficit, on est ben fier», a commenté le maire. 

L’argent pour couvrir les pertes sera puisé à même des fonds constitués pour des coups durs de ce genre. De plus, la Ville souhaite se faire rembourser du gouvernement provincial de 10 à 15 millions $ de «frais liés à la COVID». Des négociations sont en cours comme avec les autres villes.

L’écart de 72 millions $ entre l’estimation du printemps et la mise à jour est plus difficile à cerner. L’administration Labeaume évoque, par exemple, une excellente reprise des travaux résidentiels, dont le nombre de permis est égal aux années précédentes. Soit. Mais ça n’explique pas tout.

De plus, l’administration ne pouvait identifier, lundi, les postes budgétaires qui demeurent déficitaires. «Les déficits auxquels on fait face, on n’en connaît pas la source, les endroits où ils sont, lance Jean Rousseau, conseiller de Démocratie Québec. On nous dit qu’on a des réserves comme des gros écureuils. Ce n’est pas satisfaisant. Il nous faut plus d’informations et savoir quels services sont affectés», ajoute-t-il.

«Le maire nous communique des chiffres, sans aucun détail. Ça manque de sérieux. Il nous envoie ça comme si le maire avait perdu dix dollars dans la machine à laver, s’offusque le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin. On veut les chiffres, les déficits, les solutions qui sont mises en places.»

Déficit cumulé

Le déficit présenté inclut celui du Réseau de transport de la Capitale (RTC). En 2020, le déficit de fonctionnement de la Ville est de 24 millions $ et de 27 millions $ au RTC. En 2021, le déficit de la Ville pourrait atteindre 66 millions $ et celui du RTC, 26 millions $, presque le double de celui de cette année. Des projections pessimistes qui s’expliquent, affirme le maire.

«On vit sur un nuage PCU actuellement (prestation canadienne d’urgence) et d’autres programmes d’aide gouvernementaux. Ça ne pourra pas durer deux ans. Lorsque les banques vont donner leur résultat le 31 octobre, c’est là que les problèmes vont commencer. Je vois l’avenir assez sombre dans les prochains mois. Il y a des compagnies qui vont faire faillite. On va avoir des problèmes de revenus parce qu’il n’y aura plus le nuage PCU.»