Au passage du Soleil, samedi avant-midi, les espaces de stationnement manquaient tellement l’activité est prisée.
Au passage du Soleil, samedi avant-midi, les espaces de stationnement manquaient tellement l’activité est prisée.

Déconfinement: ça grouille aux puces! [PHOTOS]

Facile de penser que la pandémie serait un frein pour l’engouement face aux objets antiques et usagés dans les marchés aux puces. Il en est tout autrement et l’attrait ne dérougit pas. Pendant ce temps, même les puces pour les compagnons à quatre pattes au profit de la SPA ont été populaires. 

Les brocanteurs et tenanciers de kiosques les plus déterminés ont commencé à s’installer dans le stationnement du Marché aux puces Jean-Talon de Charlesbourg dès...3h15! Le soleil annoncé était plein de promesse pour une grosse journée. De nombreux visiteurs viendront reluquer et peut-être même acheter leurs trésors. 

«Il faut arriver entre trois et quatre heures du matin si on veut avoir une bonne place», explique Marcel derrière son kiosque d’antiquités et de toiles, toutes de peintres québécois. 

Parce que la fin de semaine, le marché se transporte aussi à l’extérieur. Les nombreux kiosques dispersés dans la cour du Marché aux puces Jean-Talon attirent les curieux. Au passage du Soleil, samedi avant-midi, les espaces de stationnement manquaient tellement l’activité est prisée. 

Visiblement, l’achat de seconde main ne freine pas les clients malgré la pandémie. «Les gens sont plus respectueux», observe Patrick Lessard, le propriétaire des 25 dernières années de l’établissement de Charlesbourg. Avant, on avait tendance à tout toucher. Maintenant, on regarde davantage. 

Les habitudes changent, mais le Marché aux puces Jean-Talon ne chôme pas depuis sa réouverture, début juin après deux mois et demi de fermeture, pandémie oblige. Les clients avaient visiblement hâte de revenir faire leurs emplettes. 

Des puces pour pitous et minous 

Et ils ne sont pas les seuls. Nos fidèles compagnons aussi avaient hâte de retrouver les puces. Accompagnant leurs maîtres, plusieurs se sont rendus au tout premier marché aux puces de la Société protectrice des animaux (SPA), annulé tous les mois depuis le début du confinement. 

«C’est la première fois qu’on tient le marché depuis six mois. Les objets pour animaux se sont accumulés, souligne le directeur général de l’organisme, Félix Tremblay. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde.» 

Les profits amassés par la vente des produits représentent un don pour la SPA. Si des sommes allant de 100 à 200 dollars sont récoltées en temps normal, cette édition a rapporté près de 3000$, les propriétaires d’animaux étaient au rendez-vous. 

Été de succès 

«C’est un succès, on fait des semaines digne du temps de Noël», confirme Patrick Lessard du Marché Jean-Talon. Il compte au total 300 locataires qui reviennent pour la plupart de semaine en semaine. 

Comme Bianka et Vanessa, deux exposantes assidues. Sous leur gazebo, elles cherchent l’ombre pour tenir le coup toute la journée. Elles aussi sont arrivées aux petites heures du matin afin de s’assurer d’avoir une place de choix pour présenter leurs produits Tupperware. Les légendaires plats de plastique sont encore courus et elles font de bonnes affaires. 

À l’intérieur, l’ambiance est différente. Surtout par une aussi belle journée, les clients préfèrent l’extérieur. Les locataires à l’intérieur du marché en pâtissent. 

«Les deux dernières fins de semaine c’était les vacances de la construction, alors on a vendu beaucoup, indique Vanessa. Ça parait que les gens ne sont pas partis en voyage cette année», se réjouit-elle. 

Jean Lefebvre profite tout autant de cet été exceptionnel pour brocanter. Il a même fait le voyage à quelques reprises cette saison depuis Notre-Dame-des-Bois, près du Lac-Mégantic. 

Devant son camion et sa remorque remplis d’affiches vintage et d’autres objets antiques de toutes sortes, les collectionneurs intéressés s’approchent. L’immense panneau Esso en porcelaine pique la curiosité d’un acheteur potentiel. «Ça vaut 1000$», me dit-il en pleine négociation. 

Jean Lefebvre en est à son premier été de vente dans les marchés aux puces. La semaine dernière, il a récolté 3000$ dans une journée. 

«C’est ce que j’aime de l’ambiance. Ce n’est pas comme aller dans un centre d’achats. Ici, on joue le jeu de la négociation quand on trouve des choses qu’on ne trouve pas ailleurs», ajoute-t-il. 

Puis, c’est chose faite. Pas de poignée de main pour officialiser la chose, mais une autre vente se conclue. L’acheteur quitte chercher l’argent pour acheter la fameuse enseigne Esso.

Pas de poignée de main pour officialiser la chose, mais une autre vente se conclue. L’acheteur quitte chercher l’argent pour acheter la fameuse enseigne Esso.

Les animaux, grands gagnants du confinement 

Ce n’est pas sans raison si les propriétaires d’animaux ont répondu à l’appel du marché aux puces de la SPA, samedi. Ils sont nombreux à avoir adopté un compagnon pendant la pandémie, dénote Félix Tremblay, directeur général du refuge. Même la période des déménagements a laissé moins d’animaux domestiques sans foyer. 

Christian Marier a justement adopté Sokkie, une femelle labernois pendant le confinement. Étant davantage à la maison, il était plus disponible pour l’éduquer et passer du temps avec elle. 

Antonin Balleux et Béatrice Lessard-Hamel, un jeune couple de la région, auront eux aussi un chiot, en novembre. Ils sont allés faire le plein d’articles nécessaires avant son arrivée.

Antonin Balleux et Béatrice Lessard-Hamel, un jeune couple de la région, auront eux aussi un chiot, en novembre. Ils sont allés faire le plein d’articles nécessaires avant son arrivée. 

«Le chien que ma famille avait depuis 10 ans est décédé pendant le confinement. Ça a laissé un gros trou, alors on a voulu combler le vide», exprime la jeune femme. 

«Les gens ont plus de temps pour s’occuper d’un animal, signale M. Tremblay. On espère seulement qu’ils les adoptent pour une bonne raison et qu’ils ne nous les rapporteront pas quand ils vont retourner au travail.»