Raynald Lavoie est décédé à l'âge

Décès de l’ex-photographe du Soleil Raynald Lavoie

Photographe de presse pour les sous-traitants du Soleil durant des décennies, Raynald Lavoie est décédé mardi à 74 ans.

Son ancien collègue Jean-Marie Villeneuve l’a bien connu : «J’ai travaillé 30 ans avec!» C’était un homme d’une grande stature, dit-il : «Il était comme un cheval, il n’y a personne qui était capable de le battre!»

Raynald Lavoie a vu Québec et le Québec se transformer, raconte Jean-Marie. En début de carrière, son «compagnon» est passé par le Studio Edwards, enseigne réputée qui avait été fondée sur la rue Buade en 1917. Puis il est entré dans la famille élargie du Soleil en décrochant un poste chez Photo Moderne qui avait un contrat pour fournir le visuel au quotidien de la capitale.

Il n’a plus quitté le journal, malgré les changements subséquents de sous-traitants : Photo Moderne a passé la main à Fovéa, puis à Optimage, puis à Focus1 avant que les photographes soient récemment intégrés officiellement à la rédaction.

Aux côtés de Raynald Lavoie, Jean-Marie Villeneuve a vu évoluer le métier, depuis le noir et blanc jusqu’aux prouesses technologiques des nouveaux appareils. «L’époque des chambres noires, c’était une époque magique. Ce n’était pas comme aujourd’hui avec le numérique. Fallait les développer [les photos] et les imprimer.»

Pendant les matchs de hockey, poursuit Jean-Marie, les photographes envoyaient leurs «rouleaux» de pellicule par taxi au journal entre les périodes.

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Raynald Lavoie a sillonné les rues de Québec pendant des décennies sont appareil photo à la main. Ci-dessus, un froid matin de janvier 2004 montre le Château Frontenac dans tout son mystère et sa prestance.

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Syndicat

Raynald Lavoie ne manquait par ailleurs pas une occasion de révéler le fond de sa pensée, de s’exprimer sur la pertinence de plusieurs assignations qu’il recevait, se souvient Jean-Marie Villeneuve. «Ce qui lui donnait une allure bougon, parfois!»

Aussi, il a été représentant syndical pour ses collègues qui ont notamment subi les conséquences des deux grèves vécues au Soleil en 1977 et en 1992.

Devenu patron de Raynald Lavoie avec Optimage, Clément Thibeault a d’ailleurs dû négocier avec lui à quelques occasions. «Quand j’ai pris le contrat, Raynald était photographe là et il était président du syndicat. J’avais réengagé les gars. J’avais pris le syndicat comme il était. Je m’étais entendu avec lui.»

C’était «la belle époque», au dire de Clément Thibeault. «On avait bien du plaisir. Raynald était un très bon photographe. Je m’entendais très bien avec lui, malgré qu’il était président du syndicat. Il avait une jeune famille dans le temps.»

L’équipe de photographes, dont Raynald, ne révélait toutefois pas tous leurs mauvais coups au patron. «Il y a bien des choses que je n’étais pas au courant!»

Puis les années se sont écoulées. Clément a pris sa retraite en 2004. Quelques années plus tard, Raynald a suivi. Finalement Jean-Marie.

Et, en décembre de l’an dernier, Raynald Lavoie s’est présenté au «party» annuel des photographes des médias de Québec, relate Jean-Marie Villeneuve. Il était un peu gêné, comme si le gaillard de grande expérience doutait d’avoir sa place parmi les confrères et consoeurs. Ça aura été son dernier salut à la profession.


Un portrait par Raynald Lavoie de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau en 1983. Il était à l’époque le ministre des Finances dans le gouvernement de René Lévesque.