Christiane Gagnon, candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Québec.

Débat sur l’environnement: troisième lien et port au cœur des échanges

Pendant que le libéral Jean-Yves Duclos tenait à se montrer comme le meilleur «leader» en parlant de confiance et que la conservatrice Bianca Boutin défendait des idées auxquelles elle savait l’audience hostile, la bloquiste Christiane Gagnon a tapé sur le Port de Québec... quand elle n’avait pas perdu le fil du débat.

Un débat régional sur le thème de l’environnement se tenait jeudi soir devant environ 200 personnes, au Cégep Garneau. L’événement était organisé par des groupes écologistes comme Eau Secours, Les AmiEs de la Terre et Nature Québec.

«Il faut cesser de toujours taper sur la tête des automobilistes», a entre autres affirmé Mme Boutin (circonscription de Québec) en cours de route, devant étudiants et têtes grises plus campés à gauche.

La jeune maman de 31 ans candidate du Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Québec a réitéré son appui aux projets de troisième lien routier sous-fluvial et d’agrandissement du Port de Québec — sous condition d’approbation de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale —, deux sujets où elle n’avait pas la faveur des spectateurs.

Au sujet du Port, Mme Gagnon (Québec) a fait un bon bout de chemin. «Le Port de Québec doit être remis à l’ordre, ce n’est pas un projet environnemental», a d’abord tranché celle qui a été députée de la circonscription de Québec pendant 18 ans, de 1993 à 2011. «Le Bloc est farouchement contre le projet Laurentia, qui n’a pas de sens ni économiquement ni écologiquement.»

Le bar rayé

M. Duclos (Québec) l’a par contre surpris dans le détour quand elle a dit s’inquiéter pour les populations de bars rayés dans le fleuve. «Le bar rayé est mis en danger avec le projet du Port, mais aussi par la construction du troisième lien», a laissé tomber le ministre et député sortant du comté couvrant le centre-ville de Québec, sachant trop bien que le chef du Bloc a récemment dit ne pas être contre le troisième lien.

Mme Gagnon a plus tard perdu le fil du débat, répondant à une question pas très claire du public sur le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) par une tout autre réponse sans lien direct.

La bloquiste a ensuite été incapable de répondre à la question suivante qui lui a été adressée, à propos de moyens de diminuer l’impact humain sur la biodiversité. «Il faut y remédier... Je ne sais pas quoi répondre», a-t-elle balbutié, passant son droit de parole à M. Duclos, qui ne s’est pas retenu pour la remercier pour sa «générosité».

Format à revoir

Le format d’interventions express de 30 secondes fournissait le rythme souhaité, mais empêchait les débatteurs d’aller au bout de leurs idées. Les questions du public rédigées à la main pour la deuxième moitié du débat manquaient trop souvent de clarté et le système de droits de parole attribués à l’aide de cubes de couleur était inventif, mais mérite d’être révisé.

Le néo-démocrate Simon-Pierre Beaudet (Beauport-Limoilou) a eu la faveur du public par ses positions plus proches des citoyens comme dans le dossier de la poussière rouge, agrémentant ses interventions de quelques cabotinages bien calculés. Il a terminé sur une note plus grave quant à l’avenir de ses trois filles qui vivront un jour sur une planète plus chaude de sept degrés, ce qui a touché les spectateurs.

Le meilleur slogan revient néanmoins au représentant du parti vert, Samuel Moisan-Domm (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles) : «Faites comme Popeye, votez vert!» M. Moisan-Domm aura réussi à étaler les principales idées des verts, déclarant même que «parfois, on peut se dire qu’on en a assez. Le port de Québec est correct comme il est, ou presque. En tout cas, c’est une question à se poser». 

Le représentant vert n’a quand même pas hésité en fin de parcours à carrément céder son tour de parole à M. Beaudet du NPD, à qui il faisait «pleinement confiance» !

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