Le livre «L’enfant stressé» de l'auteure Caroline Quarré

De saines habitudes de vie pour contrer le stress chez l’enfant

Écran, manque de sommeil, mauvaise alimentation, peu d’activité physique, dialogue de sourds entre parents et professeurs. Les causes du stress chez un enfant sont nombreuses. Pourtant de saines habitudes de vie et un cadre adéquat peuvent considérablement désamorcer l’anxiété chez un enfant, comme l’explique l’intervenante psychosociale, Caroline Quarré, dans son livre «L’enfant stressé».

Les enfants ont besoin d’être stimulés certes, mais ils ont aussi besoin de s’ennuyer et d’écouter leur corps. Selon Caroline Quarré, les enfants sont constamment occupés, les attentes sont énormes à la maison et à l’école. «Le stress n’est pas mauvais en soi. C’est ce qui nous motive et nous permet d’atteindre des objectifs. Il est relié au plaisir, mais trop de stress, ce n’est pas bon», explique-t-elle.

Parce qu’ils sont hyperactifs, dérangeants, on se tourne rapidement vers un diagnostic de TDAH et on donne des médicaments, sans regarder la source du problème. Or, l’une des premières causes de l’hyperactivité de l’enfant s’avère être le manque d’activité physique. «Selon une étude, seulement 35 % des enfants de 5 à 17 ans rencontrent les recommandations en matière d’activité physique. La recommandation, c’est 60 minutes par jour. Dans son quotidien, l’enfant devrait bouger en marchant pour aller à l’école, prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur, jouer au parc», souligne l’intervenante psychosociale. 

Adapter les salles de classe

Un adulte qui ressent le besoin de se dégourdir les membres va se lever, aller à la toilette, ou prendre une pause. Mais on demande à un enfant de rester calme à son bureau. Si un adulte n’est pas capable, il paraît tout à fait logique qu’un enfant soit encore moins disposé à réussir cette exigence. 

Il y a quelques semaines, la décision du gouvernement Legault de mettre deux récréations de 20 minutes a provoqué des remous chez les enseignements puisqu’ils devront entre autres changer l’horaire pour respecter le temps d’enseignement. 

Cependant, les études démontrent les bienfaits chez l’enfant de pouvoir s’aérer le cerveau. D’autres solutions existent également pour calmer les enfants et remettre leur énergie au bon endroit. «Les enseignants pourraient intégrer une pause pendant la classe. Par exemple toutes les 20 minutes, je m’arrête 30 secondes pour faire bouger les enfants. Ça vient jouer directement sur le système de détente de l’enfant», propose Mme Quarré. 

Changer la disposition de la salle de classe en alternant des moments assis à un bureau, debout ou assis sur des coussins peut également stimuler positivement l’enfant. «On investit de l’argent pour éteindre les feux, mais on devrait mettre plus d’argent dans la prévention», affirme-t-elle. 

Encadrement bienveillant, mais ferme

Si l’école peut aider à gérer le stress et le comportement des enfants, la grande part de responsabilité revient aux parents. Les aînés diront que les enfants n’ont plus aucune discipline. Ils mènent la barque et décident à la place des parents. Les jeunes estiment que la rigidité de l’ancien temps n’a plus sa place. Le résultat a donné des enfants rois.

Pour Mme Quarré, le juste milieu est nécessaire. «Le cerveau de l’enfant est immature jusqu’au début de la vingtaine. On a beau enseigner les meilleurs techniques de relaxation à l’enfant. C’est aux adultes de montrer l’exemple», insiste-t-elle. «L’enfant a besoin d’un cadre qui est clair, où il sait exactement ce qu’il a le droit de faire et les conséquences de ses gestes. L’enfant doit comprendre l’impact par l’encadrement de l’adulte. Il doit avoir un encadrement ferme, mais bienveillant. Les parents doivent assumer leur rôle et ne pas compenser le manque de temps avec eux en étant permissifs», a-t-elle poursuivi. 

Enfin, enseignants et parents doivent apprendre à dialoguer et ne pas se renvoyer la faute. «Il faut travailler ensemble et se parler. Le meilleur outil, c’est le lien qu’on a avec l’enfant», fait valoir Caroline Quarré, qui conseille aux deux parties de prendre un rendez-vous au lieu de se parler dans un cadre de porte.