À Beauceville, près de 300 sinistrés ont été touchés par les inondations au mois d’avril, indique le maire François Veilleux. Ce nombre aurait été de 600, selon la nouvelle carte.

De nouvelles zones inondables contestées en Beauce

La nouvelle carte des zones inondables définies par le gouvernement du Québec, présentée lors d’une rencontre publique, jeudi soir, en Beauce, soulève le mécontentement du maire de Beauceville, François Veilleux.

À Beauceville, près de 300 sinistrés ont été touchés par les inondations au mois d’avril, indique le maire. Ce nombre aurait été de 600, selon la nouvelle carte. «On n’a pas été tellement consulté, dit-il. On connaît bien la rivière. On a toutes les données, les statistiques.»

L’impact économique pourrait être énorme pour les résidents et les commerçants, estime François Veilleux. La dévaluation des propriétés pourrait impliquer une diminution des taxes foncières perçues par la municipalité. «On a les mains liées», laisse-t-il tomber.

Plusieurs résidences et commerces n’auraient toujours pas reçu la visite des experts. Et sur les 54 commerçants du boulevard Renault, un seul aurait reçu son argent.

Les inondations ne sont pas seulement une question de probabilité, rappelle Brian Morse, professeur titulaire au département de génie civil et de génie des eaux de l’Université Laval. «Nos constructions sont vulnérables. Il faut trouver le moyen de vivre avec la nature. Il faut adapter les constructions.»

Mais pour construire adéquatement, il faut du temps. «Je n’enverrai pas les commerces sur le bord de l’autoroute, lance M. Veilleux. Il faudrait complètement déménager le centre-ville.»

Des erreurs possibles

Rappelons que Québec interdit la reconstruction d’immeubles ayant perdu plus de la moitié de leur valeur dans la foulée des inondations printanières. Seuls les bâtiments situés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac sont exclus du moratoire, le problème étant essentiellement lié à une «rupture de digue».

Il est possible que la nouvelle carte des zones inondables comporte des erreurs, croit Brian Morse. «Le gouvernement a sorti la carte très vite.» Elle pourrait être sujette aux changements, selon lui.