Alex Vicefield

De Monaco... à Lévis

Si les années 1990-2000 ont été difficiles pour Davie, le chantier naval récemment sacré chantier naval nord-américain de l'année est maintenant sur la route de la prospérité depuis le rachat, en 2012, de l'entreprise par la firme d'investissement maritime Inocea, dont le siège social se trouve à Monaco.
Pour Alex Vicefield, pdg d'Inocea, le choix de se porter acquéreur du chantier naval de Lévis était naturel. La firme britannique basée à Monte-Carlo est composée d'Alex Vicefield, pdg et spécialiste de la gestion, de James Davies, directeur financier, ainsi que d'Alan Bowen, spécialiste des questions techniques. Avec des champs de compétences aussi étendues, Alex Vicefield affirme sans détour que son organisation «était la seule capable de redresser et de faire prospérer Davie».
«En analysant le marché, nous nous sommes rendu compte que c'est au Canada que se trouvait la meilleure opportunité pour nous», explique le vétéran britannique de l'industrie maritime. Et ce, pour plusieurs raisons. «Nous explorions la possibilité d'investir en Allemagne et en Espagne. Or, nous nous sommes rendu compte que le chantier de Lévis coûterait moins cher à exploiter. De plus, Davie était toujours opérationnel, contrairement au chantier en Espagne, qui avait fait faillite.»
De plus, la localisation géographique de Davie est avantageuse. La côte est canadienne se trouve en plein dans le «triangle doré de l'exploitation pétrolière, entre la mer du Nord, l'Ouest africain et la côte est sud-américaine», explique M. Vicefield. La proximité avec l'Arctique, qui sera le prochain enjeu géographique important, place également la Davie dans une excellente position. «D'ailleurs, l'une des niches que nous sommes en train de développer ici, c'est les bateaux capables de se déplacer dans la glace», ajoute-t-il.
Dépasser les attentes
«En arrivant ici, nous avons fait un certain nombre de promesses : investir 100 millions $, embaucher 500 employés et implanter une toute nouvelle équipe de gestion. Au départ, personne ne nous a crus. Finalement, nous avons donné du travail à 1000 personnes, nous avons investi plus de 300 millions $, en plus de changer complètement l'équipe et la philosophie de gestion», a indiqué M. Vicefield dans un entretien au Soleil. De plus, Inocea a réussi à faire ce qui n'avait pas été fait depuis 1997. Un an après l'achat du chantier naval, Inocea a, en 2013, lancé un nouveau bateau. «C'était un moment particulier», se souvient M. Vicefield.
Si Inocea a beaucoup d'expérience dans le domaine maritime, la plupart de ses projets «étaient toujours limités dans le temps», ajoute James Davies, directeur financier d'Inocea et de Davie. «Je dois admettre qu'au départ, nous pensions que Davie serait un projet de redressement de cinq ans, mais maintenant, avec tous les contrats potentiels émanant du gouvernement fédéral, je suis convaincu que nous serons ici encore longtemps», explique Alex Vicefield. «Davie était un joyau qui manquait d'amour. Nous lui avons donné ce dont elle avait besoin pour que le chantier ait un avenir.»