Très jeune, Ali Zirakhi a voué une admiration pour les arts martiaux. Il fait maintenant profiter de son expérience, acquise en Asie, à ses élèves du gym Ali Combat Club.

De l’armée afghane à entraîneur de kick-boxing

Arrivé à Québec en tant que réfugié, l’ancien entraîneur d’arts martiaux de l’armée afghane, Ali Zirakhi, enseigne aujourd’hui le kick-boxing à Québec et a formé plusieurs champions de sport de combat, dont Jonathan Meunier.

À quelques mètres de l’autoroute Charest, un édifice arbore une affiche verte illustrée par un tigre. C’est le Ali Combat Club, un gym où s’entraînent des personnes de tout âge au kick-boxing. Depuis huit ans, Ali Zirakhi se dévoue à l’enseignement de ce sport et est fier de pouvoir partager son héritage. «Peu importe le pays, j’enseigne. C’est mon domaine», confie-t-il. Lorsqu’Ali est arrivé au Québec en 2003, il avait deux souhaits : rapatrier sa famille, restée en Afghanistan, et transmettre son savoir sur les arts martiaux.

Très jeune, il a voué une admiration pour les arts martiaux. «Quand j’étais petit, j’ai vu des films et j’ai commencé à faire du taekwondo», explique-t-il. Avec comme modèle Bruce Lee, Ali a commencé à s’entraîner au sport de combat. Après plusieurs années d’entraînement intense, il a obtenu le titre de champion d’Asie en taekwondo WTF et champion d’Asie en kick-boxing plein contact. 

Menacé par les talibans

Bien connu en Afghanistan, Ali a commencé à former les gardes du corps des ministres, puis les commandos de l’armée. «J’enseignais à Bamiyan, la ville où se trouvaient les grandes statues de Bouddha que les talibans ont détruites. Quand j’ai quitté l’Afghanistan, elles étaient encore là», déplore-t-il. Considéré comme une menace par les talibans, Ali a dû fuir. «J’ai marché pendant trois jours dans les montagnes pour revenir chez moi. Je me suis caché. Après quelques jours, des gens m’ont emmené à la frontière. Je suis allé au Turkménistan et en Azerbaïdjan où j’ai continué à enseigner. J’ai fait mes demandes de réfugié à l’ONU et ils m’ont accepté dans plusieurs pays», souligne-t-il. Il a choisi le Canada et, un an plus tard, sa famille l’a rejoint. 

Aujourd’hui, dans son gym, Ali Zirakhi accueille près d’une cinquantaine de petits comme des grands.

L’enseignement, une vocation

Dès son arrivée, Ali — qui parle turc, russe, persan et dari —, a dû apprendre le français. 

«Quand je suis venu ici, je voulais enseigner le taekwondo puisque j’avais beaucoup d’expérience. Mais ici, c’est différent. C’est la Fédération qui engage l’entraîneur», explique-t-il. Il s’est donc tourné vers le kick-boxing, plus facile d’accès. 

«Je m’entraînais dans les clubs, et je ne parlais pas beaucoup aux gens puisque je ne parlais pas français. Ils ont vu que j’avais des compétences et m’ont approché pour que je devienne entraîneur. Ça m’a forcé à apprendre la langue», indique-t-il. 

Puisqu’il n’avait pas de gym, il offrait des sessions d’entraînement dans des parcs et des centres de loisirs.

Team Zirakhi

Ali est l’entraîneur de la Team Zirakhi, l’équipe de combat du club. Au sein de celle-ci, plusieurs combattants se sont illustrés, dont Jonathan Meunier qui est maintenant à l’Ultimate Fighting Championship (UFC) et sa fille, Nazdana Zirakhi, qui a participé au Championnat du monde à Londres lorsqu’elle avait 17 ans. À ce même Championnat en 2014, il y avait aussi Alexis Mompert, Samy El Ghrably, Brandon Lee et Maxim Iskander qui représentaient l’équipe de Québec.

Aujourd’hui, dans son gym, il accueille près d’une cinquantaine de petits comme des grands. «Mon club, ce n’est pas seulement pour le combat. Il y a aussi des enfants de trois ans qui s’entraînent ici», souligne-t-il.

Très fier de ses élèves, il suit quotidiennement leur progression et la partage sur les réseaux sociaux. «C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’argent dans le domaine, mais j’adore enseigner et c’est une responsabilité. Je suis fier que les jeunes utilisent mon expérience pour s’entraîner», conclut-il.