Robert et Sharon Pinkston avec leurs enfants Arouna et Pésho, âgés tous les deux de sept ans, ainsi que Maleah, 16 ans.
Robert et Sharon Pinkston avec leurs enfants Arouna et Pésho, âgés tous les deux de sept ans, ainsi que Maleah, 16 ans.

De l’amour à donner et à recevoir chez les Pinkston

Les Pinkston ont une belle grande famille de six enfants. Il y a le plus vieux, Zachary, et ses trois sœurs Lindsey, Haley-Ann et Maleah. Puis il y a les petits derniers, Arouna et Pésho. Ces deux-là sont adoptés et vivent avec des handicaps cognitifs et physiques.

Robert et Sharon Pinkston avaient déjà pensé à l’adoption au début de leur mariage. Entre temps, la vie leur a donné quatre beaux enfants biologiques, en pleine santé. 

Peu après le terrible séisme qui a détruit Haïti en 2010, le couple a réalisé un voyage humanitaire pour aider la communauté. Dès les premiers jours, ils ont rebondi dans un orphelinat. 

«Il y avait beaucoup d’enfants, et sept ou huit d’entre eux avaient des besoins spéciaux. Les gens ne s’occupaient vraiment pas d’eux, ils étaient laissés seuls, couchés sur le ciment», raconte M. Pinkston.

Sharon a finalement passé la semaine à aider ces enfants qui avaient terriblement besoin d’amour. À son retour à la maison, impossible de lui enlever ces gamins de la tête, et les tristes scènes dont elle avait été témoin. L’idée de l’adoption est revenue sur la table.

«J’ai eu quatre enfants qui courent partout. C’est sûr que ce n’est pas normal pour une famille comme nous d’adopter. Mais on est chrétiens et notre foi nous a encouragés à le faire. Partout dans la bible, on parle de s’occuper des orphelins. Puis quand on a vu le triste avenir des enfants avec des besoins spéciaux, ça nous a poussés à le faire.»

Bien entourés

Robert Pinkston est pasteur, son travail a amené sa famille à voyager beaucoup. Ils ont quitté les États-Unis en 2000 pour s’installer à Montréal. En 2005, les Pinkston se dirigent vers Sherbrooke et y restent jusqu’en 2016, avant de se poser à Cap-Rouge, près de l’école de Maleah et des garçons. Les trois plus vieux ont quitté le nid familial depuis quelques années, mais toute la bande a été consultée pour accueillir Arouna et Pésho dans la famille.

Leur histoire marque souvent les gens autour d’eux, il est plus rare de rencontrer une famille ayant fait le choix d’adopter des enfants handicapés. 

«Ils sont une partie de notre famille, on s’occupe de nos enfants. On ne pense pas au bien que ça fait. On se le dit souvent, ce sont eux qui nous apportent du bien. Ils nous apprennent beaucoup sur notre égoïsme. À quel point on peut être égocentriques… La santé n’est pas donnée à tout le monde», insiste M. Pinkston. 

L’adoption n’a pas été un processus facile, beaucoup de papiers sont à remplir... et beaucoup de sous doivent être déboursés. L’adoption d’Arouna, du Burkina Faso, aura coûté 32 000 dollars US aux Pinkston en 2014.

Ils ont travaillé fort et avec de l’aide et des prières, ils ont pu atteindre leur objectif.

Arouna est atteint de paralysie cérébrale et Pésho, devenu un Pinkston il y a quelques mois à peine, arrive de Bulgarie et est paralysé de la taille aux pieds. 

«Il pourra un jour avoir un travail et pourra être autonome. On va pouvoir lui offrir une bonne qualité de vie, alors qu’Arouna ne pourra jamais être autonome. On a essayé d’en adopter un troisième d’Haïti, mais le gouvernement haïtien n’a pas voulu à cause de notre âge. Après 50 ans, on ne pouvait pas en adopter, ce sont leurs règles.»

Un lien fort

Le pasteur est impliqué dans l’univers du soccer, il était entraîneur adjoint pour les équipes de l’Université de Sherbrooke et de Bishop’s, en plus de plusieurs équipes civiles. Ses collègues et ses joueurs ont d’ailleurs eu un important impact dans les campagnes de financement qui auront rendu possible l’arrivée d’Arouna. 

M. Pinkston est notamment habitué de partager la passion du sport avec ses enfants. Pour les deux derniers garçons âgés de sept ans, les liens qui les unissent à leurs parents sont différents, mais tout aussi forts.

«On essaie d’être honnêtes, ce n’est pas quelque chose de facile à faire. Mais ça vaut la peine, vraiment. Quand tu vois leur avenir dans l’orphelinat d’un pays pour qui ils n’ont pas de valeur, c’est très triste. Je ne peux pas effacer ce que j’ai vu en Haïti, Robert non plus. À quatre ou cinq ans, les enfants restent dans un lit presque toute leur vie. Ils ne vont pas à l’école parce que les choses ne sont pas adaptées pour eux», ajoute Sharon.

Un véhicule adapté

Le couple a besoin de l’aide de son entourage à nouveau. Robert et Sharon ont atteint la cinquantaine, bien qu’ils soient en forme, ils n’ont plus autant de force qu’avant. Ils veulent s’équiper d’une voiture adaptée au transport des deux garçons.

«Les fauteuils roulants sont très lourds, on doit les soulever et les mettre dans l’auto, puis placer les garçons dans un siège auto. Ça devient difficile, ça commence à faire mal au dos.»

Après une semaine, la campagne de GoFundMe avait atteint plus de 2000 $. Le couple espère amasser un montant suffisant pour acheter une nouvelle camionnette, la SAAQ pourra ensuite l’équiper selon leurs besoins.

«Je suis vraiment impressionné. Mes amis qui ont vu la publication, ils l’ont envoyée à d’autres personnes, ça a voyagé et je ne m’y attendais pas. Il y a des donateurs que je ne connais même pas…», termine M. Pinkston.

Lien GoFundMe : https://tinyurl.com/sjvtgjx