Le palais de justice de Québec

De la porno juvénile pour reproduire des agressions sexuelles passées

Annie* reconnaît avoir accédé à des photos de pornographie juvénile. La femme de 37 ans tentera d’adoucir sa peine en invoquant qu’elle cherchait des images pour reproduire l’agression sexuelle dont elle a été victime étant enfant.

Debout devant le juge Pierre-L. Rousseau, Annie suit nerveusement les discussions entre avocats. 

La femme admettra qu’au printemps 2017, elle a téléchargé des photos et des dessins de type manga montrant des fillettes, parfois des bébés, ayant des relations sexuelles complètes avec des hommes adultes.

Annie affirme avoir eu trois photos. La procureure de la Couronne, Me Mélanie Dufour, dit pouvoir faire la preuve que l’accusée a accédé à 32 images, transmises via Skype par le conjoint de l’époque d’Annie.

Le crime d’accession à la pornographie juvénile est passible d’une peine minimale de six mois. L’avocat d’Annie, Me Frédéric Rousseau, a annoncé qu’il contestera cette peine minimale.

Selon la défense, Annie avait une raison bien précise de consulter les images de pornographie juvénile. 

Lorsqu’elle était enfant, Annie dit avoir été victime d’agressions sexuelles à répétition de la part de son père. «Elle cherchait à faire un jeu de rôle père-fille et à reproduire les agressions», explique Me Frédéric Rousseau.

Parmi les images saisies, les policiers ont aussi trouvé des photos illustrant des scènes sado­masochistes et des relations sexuelles conventionnelles.

Selon la preuve de la poursuite, Annie demandait des photos à son conjoint de l’époque, coaccusé. 

Devant la cour, l’accusée a prétendu que c’est plutôt le conjoint qui réclamait qu’elle télécharge des images sur son téléphone pendant qu’ils faisaient l’amour. «Je refusais à chaque fois», assure-t-elle.

Le débat sur la peine aura lieu à la fin août.

* Nom fictif