Les classes de troisième cycle du primaire de Stéphane Côté, Claudine Boulianne et Nancy Beaudin produisent des trousses de survie et tiendront fin février un Salon des sinistres.

De la Grande secousse à la trousse de survie

À la suite de l'exercice la Grande secousse de l'automne dernier, qui avait pris d'assaut leurs salles de classe, des élèves de l'école Laure-Gaudreault de Clermont, dans Charlevoix, ont entrepris de produire... des trousses de survie. Portrait d'une minientreprise affairée qui pense sécurité.
<p>Les professeurs Claudine Boulianne, Stéphane Côté et Nancy Beaudin</p>
L'entreprise SOS est née dans les classes de Claudine Boulianne, Stéphane Côté et Nancy Beaudin à la suite de la Grande secousse 2013. Cette première québécoise et francophone visait à faire adopter à la population et aux écoliers le bon comportement en cas de séisme majeur.
«Suite à la Grande secousse, on s'est questionné : est-ce qu'on est prêt si ça arrivait pour vrai et est-ce qu'on a le matériel nécessaire à la maison?» expose M. Côté. Une étude de marché, réalisée par les élèves auprès de leur famille, a permis de constater le besoin : 108 familles n'avaient pas de trousse de survie qui leur permettrait d'être autonome pendant 72 heures en cas de catastrophe naturelle et 98 de ces familles en voulaient une. Du coup, les classes de troisième cycle de M. Côté et de Mmes Boulianne et Beaudin se sont mises à la tâche pour en fabriquer à prix abordable.
Recherche, création des comités de marketing, de production, de ressources humaines et de finance, les 69 élèves âgés de 8 à 10 ans ont fort à faire. La trousse comprendra tous les éléments nécessaires, du sifflet à la couverture d'aluminium en passant par des rabais chez des commerçants locaux pour mettre la main sur une radio AM-FM ou encore les denrées non périssables. L'entreprise SOS culminera fin février par le Salon SOS sinistres où les élèves ainsi que des intervenants du milieu et de la sécurité publique viendront parler prévention et catastrophes naturelles à la population.
Entrepreneuriat et persévérance
La motivation est au rendez-vous pour ce projet, faut-il souligner. Les classes sont affairées et les élève, attendent avec enthousiasme les périodes où l'entreprise SOS est à l'horaire. «Déjà, la Grande secousse a marqué beaucoup de monde. C'est comme une suite et ça intéresse beaucoup les enfants. L'objectif était de faire de la prévention et c'est la même chose avec notre salon», constate M. Côté qui ajoute que l'entreprise tentera sa chance au Concours québécois en entrepreneuriat.
Il faut dire que l'école Laure-Gaudreault «est une école entreprenante». Depuis 10 ans, sept minientreprises étudiantes y ont vu le jour, dont les Activités intelligentes, grande gagnante nationale en 2011. «L'entrepreneuriat, à la base, est une approche pédagogique. Ce genre de projet permet de mettre les élèves en action, vraiment en action», constate Mme Boulianne.
Liens créés avec le milieu, développement de l'autonomie, sens de l'initiative, intérêt des élèves et persévérance, reconnaissance : les raisons pour monter un projet entrepreneurial dans une classe sont nombreuses, selon les deux enseignants. Aux professeurs qui hésitent à faire entrer ce type de projet dans leur groupe, M. Côté et Mme Boulianne ont ces quelques mots : «Plongez! Faites confiance aux élèves et donnez-vous le droit à l'erreur. Dans ce genre de projet, on se réajuste constamment. Nous aussi, nous apprenons à nous adapter et à être flexibles, à faire face aux imprévus.»
Hausse de la motivation
Au Concours québécois en entrepreneuriat, la coordonnatrice à l'entrepreneuriat étudiant, Marie-André Audet, renchérit avec quelques statistiques : «En milieu défavorisé, 97 % des enseignants observent une hausse de la motivation des élèves en classe grâce à ce genre de projets et 87 % des jeunes qui vivent ces projets affirment être plus persévérants à l'école.» Le concours outille d'ailleurs les enseignants et propose notamment la démarche Valoris, pour les écoles en milieu défavorisé.
Pour en savoir plus : www.concours-entrepreneur.org et www.grandesecousse.org