Dans un pays où près d'un foyer sur cinq a un chien et où se réduit le nombre d'enfants, l'animal domestique est de plus en plus perçu comme un membre à part entière de la famille au Japon.

De  «biens meubles» à «êtres sensibles» : un nouveau statut pour les animaux réclamé

Dans le Code civil du Québec, les animaux sont considérés comme des biens meubles, au même titre qu'une chaise ou un grille-pain. Une trentaine de personnalités québécoises demandent une révision de ce statut dans un manifeste que tous les citoyens sont invités à signer.
L'initiative est une collaboration de la SPCA de Montréal, de la blogueuse et auteure en éthique alimentaire Élise Desaulniers et du chercheur en philosophie morale à l'Université McGill Martin Gibert.
Selon Me Sophie Gaillard, avocate et coordonnatrice de campagnes pour le Département de défense des animaux à la SPCA de Montréal, le Code civil assimile le fait de blesser ou de maltraiter un animal à la «détérioration d'un bien». «Non seulement cette conception de l'animal est-elle moralement douteuse, mais nous croyons qu'elle ne correspond pas à ce que pense la majorité des Québécois», dit-elle.
Le manifeste demande que l'on accorde aux animaux un statut distinct de celui accordé aux objets inanimés, «un statut qui reflète leur capacité à ressentir du plaisir et de la douleur - un statut d'être sensible».
«Assimiler les animaux à des choses, c'est aussi ignorer l'état actuel des connaissances scientifiques. La capacité animale à ressentir la douleur fait aujourd'hui l'objet d'un large consensus, du moins en ce qui concerne les vertébrés», écrivent les signataires.
Le document a pour but de lancer le débat au sein de la population. «On espère aussi que les partis politiques provinciaux prendront position et qu'en bout de ligne, ça mènera à un changement», disait Me Gaillard lors d'un entretien téléphonique.
Selon elle, il n'apparaît pas pertinent à ce stade-ci d'en faire une pétition qui serait remise aux autorités, car les positions divergent quant au statut à accorder aux animaux. Le dénominateur commun des signataires est de s'entendre pour dire que le statu quo ne tient plus, mais «le débat reste à faire» sur ce que ce devrait être.
Code civil
Présentement, le Code criminel et pénal (de responsabilité fédérale) régit la cruauté envers les animaux. Le Code civil pourrait quant à lui définir leurs droits.
«Bien sûr, on peut dire simplement que ce sont des êtres sensibles et que ça s'arrête là et ça ne voudrait pas dire grand-chose. Mais on peut aussi leur donner un statut légal plus proche des personnes avec des droits de base et ça aurait un impact sur leur traitement.»
Me Gaillard pense, par exemple, au droit de n'avoir ni faim ni soif et au droit d'exprimer leur comportement naturel. «Dans ce cas, ça pourrait remettre en question les pratiques d'élevage industriel.»
«Nous sommes conscients que notre appel se heurte à certaines traditions, à la force de l'habitude et à l'idée que les animaux n'existeraient que pour servir nos intérêts. Mais nous croyons aussi que les mentalités ont évolué et qu'il serait temps d'entreprendre la réforme à la fois juste et légitime qui s'impose», dit le manifeste.
On trouve parmi les signataires des personnalités comme Gilles Proulx, Julie Snyder, Anne Dorval, Georges Laraque, Jacques Languirand, Laure Waridel, Jacques Godin...
Pour signer le manifeste, se rendre à lesanimauxnesontpasdeschoses.ca.