Le ministre de la Santé, Christian Dubé 
Le ministre de la Santé, Christian Dubé 

D’autres régions bientôt en rouge, dit Dubé [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
D’autres régions doivent se préparer à passer au rouge dès cette semaine. Le ministre de la Santé a révélé mardi qu’après Québec et Montréal entre autres la semaine passée, d’autres coins du Québec devront bientôt hausser leur niveau d’alerte à la COVID-19 au maximum et interdire tout rassemblement sur leur territoire, fermer leurs bars, salles à manger de restaurants, centres de conditionnement physique, salles de spectacle et musées.

«La réponse, c’est oui», a affirmé sans détour Christian Dubé, mardi, lors d’une courte mêlée de presse précédant la période de questions au Salon bleu de l’Assemblée nationale, en début d’après-midi.

«On pourrait penser qu’il va y avoir d’autres régions en rouge. Parce que de la façon dont on voit le nombre d’éclosions qui n’est pas en train de baisser... Les premières fois, on parlait de 275 éclosions, 300, 350, 400. On est rendus à plus de 500 éclosions actives en ce moment, a-t-il appuyé.

«Une éclosion active va rester au moins pendant deux semaines, parce que c’est 14 jours pour être sûr que l’éclosion est complètement éliminée», a expliqué le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, sans pour autant détailler les régions où sévissent ces éclosions.

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L’Outaouais, la Mauricie—Centre-du-Québec, l’Estrie et la majorité de la Gaspésie se trouvent toujours en zone orange d’alerte modérée et connaissent des hausses soutenues de cas positifs.

«Ce qui est important de comprendre, c’est que les chiffres d’aujourd’hui et les chiffres de demain, c’est le résultat des 10 derniers jours. Alors, si c’est encore plus mauvais demain puis plus mauvais après-demain, c’est ce qu’on a vu aux Tam-tams [à Montréal] il y a quelques jours, fait valoir le ministre Dubé.

«C’est pour ça que chaque fois, il faut dire aux gens : “C’est à partir d’aujourd’hui que vous pouvez faire une différence.” Et ce n’est pas juste à Montréal, c’est ici, à Québec, c’est en Gaspésie, c’est en Estrie. Le 1300 d’hier [1364 nouveaux cas dépistés lundi et publiés mardi], c’est le résultat des 10 derniers jours. Alors, c’est là que les gens peuvent faire une différence puis dire : “Quelle situation on veut avoir dans 10 jours?” C’est aujourd’hui que ça se décide.»

Les régions placées en zone rouge d’alerte maximale l’ont été pour au moins 28 jours, soit du 1er au 28 octobre. Déjà plus de 75 % de la population vit en zone rouge.

«Malheureusement, on avait raison»

La journée record de 1364 nouveaux cas de coronavirus dépistés à travers le Québec est marquée par l’ajout de 17 décès et de 36 hospitalisations. Dans la dernière semaine, on répertorie 58 Québécois morts de la COVID-19.

«Depuis qu’on a annoncé notre système de niveaux d’alerte, le 8 septembre, chaque fois, on avait de la misère à justifier pourquoi on faisait ces gestes-là parce qu’on ne voyait pas de décès ou peu de décès, on voyait peu d’hospitalisations, constate M. Dubé. Mais cette vague-là est différente et c’est important que les Québécois le comprennent. Si les personnes affectées sont plus jeunes, ça va prendre plus de temps avant d’en voir l’impact, autant sur les hospitalisations, mais aussi sur les décès.

«Malheureusement, on avait raison. Comme on est rendus à 1300 quelques cas aujourd’hui, vous voyez bondir de plus de 10 % des hospitalisations. Plus de 30 hospitalisations aujourd’hui, en une journée. Plus de 15 décès. Alors là, ce n’est plus uniquement de la théorie.»

«Les Québécois sont tannés»

Depuis le matin, les partis d’opposition au parlement de Québec continuaient à dénoncer le manque de préparation, de cohérence et de transparence du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour affronter cette deuxième vague de COVID-19.

«Les Québécois sont tannés de voir qu’il y a eu des changements, il y a des incohérences. Ils sont inquiets par rapport à ce qui s’en vient. Et on a aussi la responsabilité de les rassurer. Mais pour les rassurer, il faut que le gouvernement se ressaisisse», a lancé la cheffe de l’opposition officielle, le Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.


« On pourrait penser qu’il va y avoir d’autres régions en rouge. Parce que de la façon dont on voit le nombre d’éclosions qui n’est pas en train de baisser... Les premières fois, on parlait de 275 éclosions, 300, 350, 400. On est rendus à plus de 500 éclosions actives en ce moment »
Le ministre de la Santé Christian Dubé

Co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois estime que «la CAQ réalise qu’ils sont en train d’échapper la gestion de la deuxième vague. Là, ils ne peuvent pas blâmer la semaine de relâche une deuxième fois».

«Plus ça avance, plus c’est confus», ajoute le chef parlementaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé, qui compare la CAQ à l’insouciante cigale de la fable la Cigale et la Fourmi.

«Juste du chialage!»

Une fois tout ce beau monde installé dans l’enceinte du Salon bleu, en formation réduite de 37 élus et chacun à 2 m de distance, le premier ministre François Legault s’est montré outré de voir Mme Anglade critiquer sans proposer de solution.

«Les gens qui sont chez eux puis qui regardent la période de questions se demandent qu’est-ce que la cheffe du Parti libéral aurait fait de différent si elle avait été à notre place. Qu’est-ce qu’elle aurait fait de différent? Elle n’est pas capable de nous donner une idée, une suggestion! Juste du chialage!» s’est un peu emporté le premier ministre, avant d’être rappelé à l’ordre sur le terme utilisé par le président de l’Assemblée, François Paradis, de retour après une semaine d’isolement préventif.

S’entraîner en ligne avec Shea Weber

Plus tôt, le député libéral et ancien hockeyeur professionnel Enrico Ciccone avait aussi reproché au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et à la ministre déléguée à l’Éducation chargée du dossier du sport et ex-olympienne, Isabelle Charest, de ne «pas offrir d’alternative» aux jeunes en zone rouge forcés d’arrêter la pratique des sports d’équipe.

M. Ciccone propose que des joueurs et entraîneurs québécois de la LNH, actuellement en saison morte, communiquent avec les jeunes par le biais de présentations vidéo ou de visioconférences intégrées au cursus scolaire. «On prend les athlètes qui sont dans un sport-études hockey. Pourquoi pas on parle de défensive avec Shea Weber aujourd’hui?» donne-t-il en exemple, à propos du gros défenseur et capitaine du Canadien de Montréal.

En chambre, le ministre Roberge lui a rappelé que les cours d’éducation physique sont maintenus autant au primaire qu’au secondaire et que les programmes sports-études peuvent poursuivre leurs activités selon certaines restrictions.