Les employés d’Hydro-Québec ont effectué récemment des vérifications de sécurité dans le secteur Lebourgneuf à Québec, près du boulevard des Gradins. Certains citoyens devront se départir de leurs arbres, même s’ils en sont propriétaires.

D’autres coupes d’arbres qui choquent dans le secteur Lebourgneuf

Si vous habitez près des lignes de transport à haute tension, ces «autoroutes de l’électricité», il faut s’attendre à recevoir la visite des employés d’Hydro-Québec au moins une fois aux cinq ans. Et si la végétation ou les aménagements dans votre cour arrière sont dans la zone dite «arc électrique», tout sera coupé ou retiré.

Les employés d’Hydro-Québec effectuent des vérifications de sécurité sur l’ensemble du territoire couvert par les pylônes électriques. Récemment, ils étaient dans le secteur Lebourgneuf à Québec, près du boulevard des Gradins. Certains citoyens devront se départir de leurs arbres, même s’ils en sont propriétaires, et même si les arbres sont là depuis de nombreuses années.

«On doit couper ce qui est incompatible. On identifie les arbres qui représentent un risque pour le réseau, sa fiabilité et sa sécurité. Si on sait qu’ils entreront dans l’arc électrique, dans la zone, on va les couper. Ils peuvent déclencher soit une panne ou un incendie. La zone dépend du voltage et de l’endroit», indique Hélène Fortin, porte-parole pour Hydro-Québec. 

Et si ces arbres se situent sur des terrains privés ou même sur le terrain de la Ville de Québec, ils seront tout de même coupés. Hydro-Québec est en droit de le faire. 

«C’est une servitude en faveur d’Hydro-Québec, ça se retrouve au registre foncier», rappelle Mme Fortin. Cette servitude permet à l’entreprise d’utiliser partiellement une propriété privée pour des besoins spécifiques.

Mme Fortin soutient que les employés sont sensibles aux préoccupations des citoyens, elle reconnaît qu’ils peuvent être attachés à leurs arbres. L’entreprise essaie donc le plus possible de convenir des ententes avec les citoyens et de les avertir de tout abattage nécessaire avant de passer à l’action. Les frais de coupe sont assumés par Hydro-Québec, mais tous les frais pour remplacer les arbres coupés reviennent aux citoyens propriétaires.

«On se doit d’intervenir, mais on regarde toutes les possibilités. On veut faire les changements en collaboration avec le citoyen, on les avertit... On ne débarque pas tout de suite avec les scies à chaîne. On s’assure de le faire dans le meilleur esprit possible», soutient Mme Fortin. 

Tous ces arbres situés à l'arrière d'une résidence devront être coupés, ils agissaient de «barrière» entre le terrain et la rue.

Citoyens impuissants

Certains citoyens du secteur touché dans Lebourgneuf ont dit qu’ils avaient l’impression que l’entreprise faisait «le ménage» sans proposer d’autres options.

«Il n’y a pas de façon de négocier avec eux. Ils ont envie de faire l’abattage des arbres au lieu de les entretenir. Le technicien nous a proposé des arbustes... Le paysage va devenir assez désastreux», déplore la citoyenne qui préfère ne pas partager son nom.

Elle voudrait entre autres entretenir ses arbres pour qu’ils ne dépassent pas la hauteur prescrite. Cette démarche est risquée et obligerait les employés d’Hydro-Québec à revenir plus souvent dans le secteur pour vérifier l’état des arbres et assurer la sécurité de l’endroit.

La citoyenne doute aussi des raisons qui lui sont données pour couper ses arbres... Pourquoi certains arbres et pas d'autres alors que la distance avec les pylônes semble être la même? Hydro-Québec n'auraient pas répondu à toutes ses questions. 

La porte-parole de l’entreprise rappelle que tous les renseignements de sécurité peuvent être consultés sur le site Web d’Hydro-Québec sous l’onglet de conseils de sécurité.

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PAQUET À LA DÉFENSE DES CITOYENS

Le conseiller municipal de Neufchâtel-Lebourgneuf, Patrick Paquet, déplore la façon de faire d’Hydro-Québec lors de coupe d’arbres sur les terrains privés. Même si l’entreprise s’est améliorée dans les années passées, il estime qu’elle agit encore «de manière sauvage» et qu’elle devrait assumer les frais de remplacement des arbres.

En 2011 ou 2012, lors du premier mandat de M. Paquet en tant que conseiller municipal, Hydro-Québec avait décidé de débarquer près de la rue Drolet pour abattre tous les arbres, sans prévenir les citoyens des alentours. Depuis cet épisode, il suit le dossier de près et espère des changements dans la manière de procéder.

«Là où Hydro-Québec fait erreur, depuis l’épisode de [la rue] Drolet, ils ne se sont pas encore munis d’un protocole harmonisé. C’est inconcevable, ils coupent des arbres et ne les remplacent pas à leur frais, avec la bonne sorte qui respecterait les limites de l’arc électrique. Le terrain appartient aux citoyens! Ils ont payé pour l’entretenir!»

M. Paquet a interpellé le député Mario Asselin à ce sujet lorsqu’il a été informé de la situation sur le boulevard des Gradins. 

«Il doit forcer Hydro-Québec à implanter une politique. C’est un bon dossier qu’il peut prendre en main», soutient-il.

Contrairement à l’épisode de la rue Drolet, M. Paquet a reçu une lettre pour l’informer des arbres à couper, ainsi qu’un avertissement qui indique que d’autres arbres devront être aussi abattus dans le futur lorsqu’ils atteindront la maturité.

«Pourquoi ils ont laissé la Ville planter ces arbres-là s’ils savaient que dans 10 ans il faudrait les couper? Il y a des améliorations, mais je trouve inacceptable qu’encore en 2019, Hydro agit d’une façon différente dépendant du terrain et de la région. Ça prend un protocole clair, un programme à suivre pour ce type d’intervention», termine-t-il.