Daoust n'écarte pas le bâillon pour encadrer Uber

Le ministre Jacques Daoust n'écarte pas la possibilité qu'un bâillon force l'adoption de son projet de loi à venir sur l'industrie du taxi si l'opposition retarde les travaux. 
«Il y aura un bâillon...» a d'abord lancé M. Daoust, mercredi, en chambre, avant de se reprendre. «Je ne sais pas s'il y aura un bâillon, ça ne dépend pas de moi. Ça dépend de vous», a-t-il lancé aux partis d'opposition. 
Le ministre des Transports a réfuté mercredi l'idée que le caucus libéral est divisé quant à la solution à apporter dans le dossier d'Uber et des chauffeurs traditionnels de taxi. Il maintient qu'il déposera son projet de loi «avant le 12 mai» afin d'améliorer la qualité du service, la sécurité des usagers et l'équité du système. 
«Si vous décidez de bloquer les consultations, si vous décidez que [l'étude] se prolonge de façon indue, c'est évident qu'on ne sera pas capable» d'adopter la pièce législative avant l'été sans procéder par bâillon. Il répondait aux questions du leader de l'opposition péquiste, Bernard Drainville, qui lui demandait d'écarter la possibilité d'une suspension des règles.
Désaccords
Selon La Presse, des désaccords subsistent au gouvernement quant à l'approche à privilégier. La solution prisée par M. Daoust de contraindre les chauffeurs d'Uber à louer des permis pour se battre à armes égales avec les taxis traditionnels ne ferait pas l'affaire de tous. Uber a déjà affirmé qu'elle mettra un terme à ses activités au Québec si cette avenue est retenue.
«Il va y avoir unanimité au caucus, je peux vous assurer ça», a affirmé M. Daoust. Aux journalistes, le ministre a déclaré qu'il «ne considère pas le bâillon parce [qu'il] pense que tous les parlementaires ont le même objectif, c'est qu'on remette de la discipline dans l'industrie».
Au Parti québécois, M. Drainville a l'impression que M. Daoust cherche à «pelleter dans notre cour» la responsabilité des délais dans le dossier. «Si la chicane est prise dans la cabane libérale et entre le premier ministre et ses ministres des transports, c'est son problème», a-t-il lancé à l'endroit de M. Daoust. 
Le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi estime que l'instauration de deux régimes différents pour un même type de transport «mettrait en péril la paix sociale au Québec». «Si ce principe qui a été énoncé à plusieurs reprises par le ministre des Transports n'est pas respecté, le gouvernement Couillard aura trahi des milliers de travailleurs québécois», a affirmé Georges Tannous, président du Comité.