Danser avec les personnes âgées hospitalisées

Au lieu de les faire rire, deux danseuses de Québec vont à la rencontre des personnes âgées avec leurs corps. Elles déambulent dans les corridors des CHSLD, et dansent pour les cas lourds, ceux qui n'ont plus la force de descendre dans la salle commune pour jouer au bingo. Et souvent, elles réussissent à créer un contact.
Même si la personne est atteinte de troubles cognitifs sévères et qu'elle ne peut bouger que les doigts ou le bout du pied, «on a l'impression de danser ensemble», témoigne Priscilla Simard, l'une des deux danseuses du nouvel organisme Le papillon blanc. Elle et sa collègue Marie-Noëlle Goy ont commencé leurs visites dans deux résidences pour personnes âgées de Québec en mars. Et l'effet a été instantané. Mme Simard parle d'une dame aigrie et parfois même violente avec le personnel, qui leur a ouvert la porte de sa chambre. «On a réussi à faire danser son coeur», lance-t-elle.
Le technicien en loisirs Martin Paradis, qui travaille à la résidence Le Faubourg, à Québec, a été le premier à croire au projet. «Ça va toucher à une clientèle que même moi je ne peux pas atteindre», explique-t-il.
Mais comme leur projet ne s'insère pas dans une quelconque enveloppe gouvernementale, elles lancent mardi une campagne de financement. Elles espèrent amasser 4000 $ au moyen de La Ruche (laruchequebec.com), un site de financement participatif. «On veut être capable d'offrir des visites régulières dans les centres, question d'apprivoiser ces personnes en perte d'autonomie ou en fin de vie», soutient Priscilla Simard.