«Il y a en a qui trouvent que ça ne sent pas bon les hôpitaux, mais moi je trouve que ça sent bon. C’est ma place», affirme la directrice des soins critiques du CHU de Québec, Danielle Goulet.
«Il y a en a qui trouvent que ça ne sent pas bon les hôpitaux, mais moi je trouve que ça sent bon. C’est ma place», affirme la directrice des soins critiques du CHU de Québec, Danielle Goulet.

Danielle Goulet: une joueuse d’équipe

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Le manque de personnel a pris un nouveau visage pour les volontaires du CHU de Québec envoyés en renfort au CHSLD de l’Éden, à Laval. Danielle Goulet et son équipe sont particulièrement marquées par le rythme rapide qui régnait dans ce centre d’hébergement.

«Nous avons trouvé que les gens étaient pleins de bonne volonté, mais en nombre insuffisant et dépassés par les évènements. Ça allait beaucoup plus vite que ce qu’ils étaient capables d’absorber. On les sentait dépassés humainement, physiquement et psychologiquement. Ça nous a fait un grand choc», raconte Danielle Goulet, directrice des soins critiques du CHU de Québec.

Jusqu’à présent, les centres hospitaliers de la région de Québec ont été épargnés par un achalandage violent de patients atteints de la COVID-19. «Nous avons fait de l’espace pour accueillir cette clientèle, mais nous n’avons pas eu beaucoup d’hospitalisations associées à la maladie. Les gens travaillaient quand même, mais avec une tâche beaucoup moins aiguë que ce à quoi on se serait attendu en temps de pandémie», explique-t-elle. Ces professionnels de la santé étaient donc volontaires pour aller porter main forte dans une zone plus chaude. «C’est quand même professionnellement stimulant de se préparer pour une pandémie», avoue la directrice des soins critiques du CHU de Québec, qui ne recule jamais devant les gros défis.

Heureuse dans un hôpital

C’est d’ailleurs la grosseur des manuels de soins infirmiers qui avaient attiré Danielle Goulet dans la vocation d’infirmière qu’elle a pratiquée durant les 10 premières années de sa carrière dans le domaine de la santé. Elle a ensuite travaillé 15 ans dans le domaine de la prévention et du contrôle des infections avant d’aller chercher un nouveau défi en s’impliquant dans la conception des plans cliniques du nouveau complexe hospitalier de Québec.

Participer à l’élaboration d’un hôpital était une occasion en or pour cette femme qui aime tant les hôpitaux. «C’est dans un hôpital que je me sens bien. Il y a en a qui trouvent que ça ne sent pas bon les hôpitaux, mais moi je trouve que ça sent bon. C’est ma place», affirme la directrice des soins critiques du CHU de Québec, qui a également fait partie du premier programme-cadre en prévention et contrôle des infections au Québec.

Après cette expérience, Danielle Goulet a rapidement repris le chemin de l’hôpital. En 2016, elle devient directrice des soins intensifs du CHU de Québec et c’est le 23 mars dernier, en pleine pandémie, qu’elle décroche son titre actuel. «Il y a eu une fusion de la direction des soins intensifs et de la direction des urgences. Avant, j’avais les soins intensifs des cinq pavillons du CHU sous ma direction. Avec la réorganisation, on a ajouté les cinq urgences et l’évacuation médicale aéroportée», explique Danielle Goulet. 

Pour les humains, avec les humains

Bien que le nombre de personnes sous sa direction ait pratiquement doublé en pleine crise, Mme Goulet affirme avoir une bonne équipe pour l’aider dans ses responsabilités. Modeste, elle attribue ses plus belles réalisations à la force du travail d’équipe, comme dans la récente mission à Laval. «Je pense que la force de cette mission a été d’arrivée en grande équipe. Les gens là-bas sentaient de la solitude et une imputabilité importante. Ils se sont ramassés, des soirs, une personne au lieu de trois. En étant en grosse équipe, on a fait une différence qu’on n’aurait pas pu faire si on était allés seulement deux ou trois personnes», soutient Danielle Goulet. «J’ai l’impression qu’avec la mission au CHSLD, mes collègues et moi, nous avons reconnecté avec l’humain, avec ce qui a fait qu’à la base on est allés dans les soins de santé.».

Les volontaires du CHU de Québec envoyés en renfort au CHSLD de l’Éden, à Laval