Daniel Brisson est candidat à la mairie de Québec pour le parti de l’Alliance citoyenne.
Daniel Brisson est candidat à la mairie de Québec pour le parti de l’Alliance citoyenne.

Daniel Brisson, candidat de l’ombre et «climato-réaliste»

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil
Daniel Brisson, candidat à la mairie pour l’Alliance citoyenne de Québec, ratisse large, mais loge résolument à droite. Le politicien qui se présente comme «climato-réaliste» veut réduire la dette, faire construire un troisième lien et invite les entreprises de la capitale à s’impliquer financièrement pour le bien de la communauté.

Quand on lui demande de se décrire, M. Brisson commence par dire qu’il a 48 ans, est marié et a trois enfants. Originaire de Vanier, il habite aujourd’hui Neufchâtel. Informaticien de son métier, il a déjà tenté de se faire élire comme conseiller municipal dans le district Des Monts, en 2005, puis comme député provincial pour le Parti conservateur du Québec, en 2012. Il demeure toutefois peu connu du grand public et ne sollicite pas l’attention des médias.

Sa candidature à la mairie de Québec n’était pas acquise jusqu’à tout récemment, le parti ayant tenté d’attirer une vedette qui a finalement passé son tour. «La politique, c’est très difficile. Ce ne sont pas tous les gens qui sont prêts à y aller», constate M. Brisson. Lui, par contre, n’a «pas hésité une seconde à être le porteur et le messager» du programme de l’Alliance citoyenne, dont il est l’un des dirigeants.

Dans ce programme, une large place est faite aux questions financières. L’Alliance souhaite réduire les dépenses de la Ville de Québec, sa dette, et conséquemment les taxes. Plus spécifiquement, le parti prône la disparition des parcomètres, considérés comme «une taxe indirecte», et de la taxe de Bienvenue. Les droits sur les mutations immobilières sont pourtant imposés par une loi provinciale.  

En entrevue, M. Brisson cible notamment le processus d’appel d’offres pour réduire les dépenses. Il croit que la Ville aurait avantage à ne pas donner d’estimation de ses grands projets pour augmenter la concurrence entre les soumissionnaires. Il donne l’exemple de l’agrandissement de la bibliothèque Gabrielle-Roy. «Il y a eu montant d’élaboré au début et le concours d’architecture est venu après. Le 40 millions $ était déjà décidé. Pourquoi? Ça devrait être inversé», soumet le candidat.

Poursuivant avec cet exemple, il propose également de faire appel aux entreprises de Québec pour financer des projets municipaux comme la bibliothèque ou même des parcs. «Il y a moyen de laisser plus de place au libre marché dans le bon sens», résume-t-il.

Côté transports, l’Alliance citoyenne est «contre le SRB (service rapide par bus) évidemment» car «il n’y a rien de structurant là-dedans». Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) est invité à améliorer son service dans les banlieues et les parcs industriels à même le budget existant, à défaut de quoi des contrats pourraient être confiés au privé. Un troisième lien routier entre Québec et Lévis est toutefois perçu comme un bon moyen de développer l’économie de la région.

Avec 13 candidats confirmés dans les 21 districts, l’Alliance citoyenne de Québec se présente comme une alternative valable à l’administration Labeaume et aux autres partis d’opposition. «Nous avons le nombre suffisant de conseillers pour être majoritaires», fait valoir M. Brisson, prêt à travailler avec d’autres partis s’il prend le pouvoir.

Déclaration sur le climat

L’entrevue réalisée sur le parvis de l’hôtel de ville, sous le regard attentif de deux autres dirigeants et candidats du parti, s’est terminée par une déclaration sur le climat.

Gestionnaire d’une page Facebook intitulée POUR un débat sur le climat, Daniel Brisson ne rejette pas l’étiquette de climato-sceptique, comme l’a fait cette semaine Jean-François Gosselin de Québec 21. Le candidat à la mairie de l’Alliance citoyenne préfère se présenter comme «climato-réaliste».

Au final, le passionné d’astronomie et des volcans remet tout de même en question le rôle de l’homme sur le réchauffement planétaire, prenant à témoin «plusieurs chercheurs» et les cycles changeants du soleil. Selon lui, les choix politiques justifiés par les changements climatiques tiennent du «discours religieux».