Mercredi, entre les kilomètres 296 et 287 sur l’autoroute 20, 57 véhicules ont été impliqués dans des sorties de route. Douze personnes ont été blessées.

Dangereux corridor sur la 20

Carambolages, collisions, sorties de route: un tronçon de l’autoroute 20 à une vingtaine de minutes de Québec est particulièrement dangereux lors de journées enneigées, en raison du «microclimat» qui y règne.

En moins d’un mois, ce tronçon situé entre les villes voisines de Saint-Apollinaire et d’Issoudun, sur la Rive-Sud, a été le théâtre de deux cauchemars hivernaux pour les automobilistes. Près d’une vingtaine de personnes ont été blessées et près de 80 véhicules ont été cabossés. 

Mercredi, un cocktail météo a provoqué deux séries d’accidents presque identiques. À 11h et 14h, aux kilomètres 296 et 287, des conducteurs ont fait des sorties de route. Puis, plusieurs autres automobilistes qui tentaient d’éviter le même sort les ont suivis dans le fossé. Bilan: 57 véhicules impliqués, une douzaine de blessés mineurs. 

Le 13 décembre, une tempête a entraîné deux carambolages, un à Saint-Apollinaire et l’autre à Issoudun. Bilan: 22 véhicules impliqués et huit blessés mineurs. 

«Microclimat»

Ce segment de l’autoroute 20 est plus périlleux quand l’hiver se déchaîne, puisqu’il est situé dans un «microclimat», indique Sarah Bensadoune, porte-parole au ministère des Transports. «C’est un terrain plat, il y a des terres agricoles, c’est venteux, il y a davantage de précipitations, donc ça facilite la formation de la glace», explique-t-elle.

Mercredi, lors des multiples sorties de route, la chaussée était glacée et l’entrepreneur responsable du déneigement et du déglaçage «s’affairait déjà à entretenir le circuit en fonction des conditions climatiques», indique la porte-parole du MTQ. Deux camions avaient épandu des abrasifs pour faire fondre la glace, précise Mme Bensadoune.

L’entrepreneur en question, Transport Mario Giguère inc., est «au fait» du microclimat qui règne dans ce tronçon de l’autoroute 20 et «il adapte ses méthodes en conséquence», indique la porte-parole du MTQ. «Il est avisé qu’il y a un tronçon de route où les phénomènes météo sont plus amplifiés, donc il pourrait y avoir un peu plus de glace.» 

Joint par Le Soleil, le patron de l’entreprise, Mario Giguère, a affirmé qu’il savait que le tronçon entre Saint-Apollinaire et Issoudun est un «corridor plus problématique à cet endroit-là», notamment parce qu’il est plus froid et plus venteux. 

«Aussitôt que t’as une précipitation, elle va glacer, et ça ne veut pas dire que tu vas être là dans l’instant même», dit-il. De plus, le vent complique la tâche, car il souffle les abrasifs comme le sel ou le sable, souligne M. Giguère. 

Conduite inadaptée?

Selon le MTQ, les deux séries de sorties de route de mercredi sont attribuables à la conduite inadaptée de conducteurs sur la chaussée glacée. 

Les conditions routières étaient spécifiées sur Québec 511 Info transports, indique le ministère, et des panneaux à messages variables indiquant «froid intense, adhérence réduite» étaient placés à plusieurs endroits sur l’autoroute 20. Il n’y avait cependant pas un tel panneau dans le secteur des sorties de route, le plus proche se trouvant au kilomètre 305. 

Mme Bensadoune souligne que les conducteurs ont leur part de responsabilité. «Quand les conditions météo sont changeantes et que c’est un peu plus glissant, c’est important de réduire sa vitesse, de garder ses distances avec ceux qui précèdent, dit-elle. Parce que, justement, quand il y a des manoeuvres d’évitement ça peut mener à des accidents ou, encore pire, à des carambolages.»