En 2017, les camions-restaurants étaient essentiellement confinés à des parcs en banlieue.

Cuisine de rue: une recette bonifiée pour l’an 2

Le projet pilote de cuisine de rue semble disposer de meilleurs ingrédients qu’en 2017 pour faire de cette seconde année une recette gagnante. L’an passé, la population devait absolument aller à la rencontre des camions-restaurants pour se délecter. Cette année, les camions rouleront davantage à la rencontre de la clientèle.

Les propriétaires de camion et la Ville de Québec se rencontraient mercredi pour discuter des paramètres d’exploitation au cours du prochain été. Il fallait s’attendre à des changements après le succès mitigé la première année de ce projet pilote. En 2017, les camions étaient essentiellement confinés à des parcs en banlieue (la base de plein air de Sainte-Foy, le parc de la plage Jacques-Cartier, le secteur de l’étang de la Côte, dans Beauport, le domaine Maizerets et le parc Victoria). 

Les consommateurs n’étaient pas toujours au rendez-vous même si les restaurateurs roulants annonçaient leur présence. De plus, les camions étaient souvent absents à cause de leur participation à des événements privés et dans des festivals, beaucoup plus rentables.

La première expérience a été difficile au point que seulement quatre des sept camions retenus au départ ont terminé le projet à l’automne. 

«Cette fois, on change d’optique, se réjouit Guy Lévesque du camion-restaurant du Sagamité à Wendake. Nous avons demandé à la Ville de nous fournir une liste des événements qui se dérouleront dans ses différents parcs où nous pourrons offrir le service de restauration. S’il y a un spectacle un soir dans un parc de Val-Bélair, nous serons au courant et pourrons y aller», illustre-t-il.

Selon lui, la Ville a accueilli cette offre avec ouverture. Il a bon espoir que l’administration Labeaume accepte la proposition. Il a été impossible de connaître la position de la Ville qui n’a voulu émettre aucun commentaire à ce sujet après la rencontre.

M. Lévesque et ses collègues lorgnent aussi les parcs industriels du territoire. La plupart sont des déserts alimentaires. Ainsi, un ou plusieurs camions pourraient se présenter une ou plusieurs fois par semaine sur certains terrains privés d’entreprise pour nourrir les travailleurs. M. Lévesque souligne que ce sera aux propriétaires de camion de prendre entente avec les gestionnaires d’entreprises et de parcs et de se procurer, au besoin, le permis nécessaire auprès de l’administration municipale.

Les propriétaires visent aussi l’organisation d’un événement chaque premier vendredi du mois dans un endroit public. Il évoque même la possibilité de tenir cette rencontre alimentaire à la place Jean-Béliveau.

Il manque la rue

Le propriétaire de La Zèbre mobile, Nicolas Lavigne, était tout aussi positif après la rencontre tenue mercredi matin. Malgré la bonification de l’offre, il considère qu’il manque toujours le mot «rue» dans le concept de cuisine de rue.

«Dans la démarche du projet pilote, on doit en profiter pour essayer certains sites plus près du centre-ville. C’est en faisant un essai qu’on va pouvoir tirer des conclusions», soutient-il. S’il comprend les craintes de certains restaurateurs, il considère que les camions-restaurants sont davantage un complément à l’offre de restauration plutôt que des concurrents aux établissements qui ont pignon sur rue. 

Il n’a aucun doute sur la popularité des camions-restaurants. «La demande est là. Nous sommes déjà très en demande pour les événements privés et les festivals. Ce qui manque, c’est de développer le créneau de cuisine de rue. On va tenter d’aller chercher des petits avantages pour développer le concept comme il doit l’être.»

À la liste de parcs déjà dressée, s’ajouteraient le parc John Muhn près de la Barberie et un autre dans le secteur du marché public de Sainte-Foy. «L’an passé, on était confiné à un parc. Il faut pouvoir bouger d’un site à l’autre. C’est plus dynamique», poursuit-il.

Les propriétaires se rencontreront entre eux vendredi pour mieux articuler leur proposition. Les détails du projet de l’an deux seront connus plus tard ce printemps. La Ville en profitera pour lancer un second appel d’intérêt.