La situation est devenue si problématique que le SPVQ a dû diffuser des communiqués de presse à deux reprises ces derniers jours pour rectifier des faits mais aussi rassurer la population qui entre en contact avec de fausses informations.

Cruauté animale: une femme prise à partie sur le Web

Une femme arrêtée pour cruauté animale la semaine dernière est prise à partie sur les réseaux sociaux. Partageant des informations non fondées avec de faux comptes, des internautes se font passer pour la prévenue et mettent les policiers sur de fausses pistes. La suspecte a même été arrêtée une seconde fois en raison de ce stratagème.

La situation est devenue si problématique que le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a dû diffuser des communiqués de presse à deux reprises ces derniers jours, dont un vendredi, pour rectifier des faits mais aussi rassurer la population qui entre en contact avec de fausses informations. 

La suspecte âgée dans la vingtaine a été arrêtée dans son appartement de Limoilou le 30 novembre, puis libérée sous promesse de comparaître. Le SPVQ a médiatisé l’affaire le 1er décembre et affirmait alors qu’elle pouvait faire face à des accusations de cruauté animale et de bestialité.

Selon les premières plaintes d’internautes ayant mené à l’arrestation, la femme aurait partagé sur Facebook une vidéo la montrant en train de maltraiter un de ses deux chiens. Après l’arrestation, les bêtes, ainsi qu’un chat, ont été confiées à l’organisme Les Fidèles Moustachus. Des internautes alléguaient également que la femme avait auparavant partagé des vidéos la montrant en train de pratiquer le sexe oral sur ses chiens. 

Le SPVQ a confirmé vendredi que, pour le moment, seules des accusations de cruauté animale étaient maintenues. C’est donc dire que seule la vidéo de maltraitance semble authentique et provenir du compte réel de la suspecte. 

«Plusieurs vérifications ont été effectuées par les enquêteurs et selon les résultats obtenus, rien ne nous laisse croire que la suspecte a commis de la bestialité. Les informations transmises via les médias sociaux ne provenaient pas de la dame et s’avèrent être non fondées», a expliqué le SPVQ dans sa missive. 

Enquête complexe

L’enquête s’avère d’ailleurs plus complexe que prévu en raison de ce flot d’information chaotique. D’autant plus que les internautes ne se sont pas arrêtés après l’arrestation de la suspecte. 

Après la libération de cette dernière, certains ont utilisé de faux comptes pour faire croire qu’elle s’était procuré un nouvel animal. «Ça ne vient pas de la suspecte. Ce sont des informations erronées. Des personnes ont créé des comptes fictifs pour se faire passer pour la suspecte», a affirmé Mélissa Cliche, porte-parole du SPVQ. «Ça ne vient pas d’elle et ce n’est pas fondé. Elle respecte ses conditions [de remise en liberté]», a-t-elle assuré.

Les informations non fondées ont même mené les policiers à arrêter la suspecte une seconde fois au courant de la dernière semaine. Mme Cliche a précisé qu’après discussions avec les enquêteurs, aucune accusation ne serait déposée à la suite de cette nouvelle intervention.

Encore vendredi, des appels portant sur la suspecte continuaient d’entrer au SPVQ, qui doit constamment rouvrir l’enquête. «On ne peut pas l’arrêter toutes les semaines», a ironisé Mme Cliche.

Les internautes qui s’amusent à véhiculer de fausses informations, surtout si celles-ci provoquent la tenue d’une enquête policière, peuvent s’exposer à des accusations de méfait public. Le SPVQ n’a pas indiqué qu’il envisageait de traquer les faux comptes, quoique «tout est possible» selon Mélissa Cliche.