Une cinquantaine de personnes, pour la plupart originaires du Venezuela, ont marché à Québec samedi.

Crise au Venezuela: des échos à Québec

La crise qui a cours au Venezuela depuis plus de 15 jours a eu des répercussions jusqu'à Québec, où des dizaines de Vénézuéliens et de sympathisants ont manifesté samedi contre la violence et la répression qui sévissent dans leur pays d'origine. Depuis le 4 février, date à laquelle un mouvement de protestation étudiante a été entamé à San Cristobal, à l'ouest du pays, une dizaine de personnes ont trouvé la mort, près de 140 ont été blessées et une centaine ont été arrêtées.
«Les manifestations avaient commencé de façon pacifique, mais il y a des adeptes du gouvernement, qui sont des groupes armés, paramilitaires, qui n'acceptent pas qu'une partie de la population pense différemment», analyse Yelitza Rojas, une des organisatrices de la marche qui a culminé devant la statue de Simon Bolivar, au parc de l'Amérique-Latine, près du palais de justice de Québec.
Au départ, les événements de San Cristobal faisaient suite à une tentative de viol sur une étudiante du campus universitaire. Aux premières revendications sur l'insécurité se sont ajoutées celles contre la vie chère et la mauvaise santé de l'économie, dans le pays disposant des plus importantes réserves de pétrole du monde, mais où l'inflation dépasse les 56 %. Désormais, c'est le Venezuela en entier qui voit une partie de sa population se soulever.
«C'est inquiétant parce qu'on constate que le gouvernement n'a pas de volonté de dialogue», reproche Mme Rojas, signalant entre autres que des accréditations journalistiques ont été retirées à deux chaînes télévisées au Venezuela, dont CNN, empêchant ainsi les médias de faire leur travail. «Et quand le gouvernement ne veut pas écouter le contraire, ceux qui s'opposent, ceux qui pensent différemment, à notre avis, c'est une dictature», indique-t-elle, précisant toutefois ne pas vouloir prendre de position politique, mais seulement faire valoir le «non-respect des lois et le non-respectdes droits humains» que le gouvernement est censé protéger.
Mobilisation
Par ailleurs, des centaines de milliers d'opposants et de partisans du pouvoir se sont mobilisés dans le calme samedi lors de marches pour la paix au Venezuela secoué par la violence.
Dans l'est de Caracas seulement, au moins 50 000 personnes ont répondu à l'appel du gouverneur Henrique Capriles, principale figure de l'opposition, pour exiger le désarmement de groupes armés non identifiés mais accusés d'être proches du pouvoir, agissant en marge des manifestations, et contre la mauvaise situation économique. Avec AFP