L’ex-ministre responsable de la Protection des consommateurs Lise Thériault suggère qu’on «tape sur les doigts» des institutions financières qui accordent du crédit aux adolescents sans que leurs parents en soient informés.

Crédit chez les adolescents: resserrer au lieu d’interdire

Au lieu d’interdire les cartes de crédit aux jeunes de moins de 18 ans, l’ex-ministre responsable de la Protection des consommateurs Lise Thériault suggère qu’on «tape sur les doigts» des institutions financières qui accordent du crédit aux adolescents sans que leurs parents en soient informés.

«Si on interdit tout, on ne rendra pas service à certains jeunes. Je trouve qu’on y va fort», lance Mme Thériault. Selon elle, il arrive que des adolescents puissent avoir besoin d’une marge ou d’une carte de crédit parce qu’ils vivent déjà en appartement, ont un travail à temps plein ou ont des enfants.

La députée libérale propose plutôt que l’on resserre les règles et que l’on prévoie des pénalités pour les banques qui omettent d’obtenir le consentement formel des parents avant de délivrer une carte de crédit à un adolescent. «Il y a des institutions financières qui sont délinquantes», juge-t-elle, alors que l’éducation et l’encadrement des jeunes au sujet du crédit devraient primer. 

Le Soleil révélait lundi que le gouvernement caquiste songe à interdire l’accès à une carte de crédit avant l’âge de 18 ans. La députée Lucie Lecours, responsable du volet de la protection des consommateurs, se montre préoccupée par le surendettement des jeunes, qui commence très tôt dans la vie. 

Mme Thériault est d’accord pour revoir l’ensemble des règles entourant le crédit au Québec, car c’est ce qu’elle aurait fait si son parti avait été reporté au pouvoir. «C’était la prochaine phase prévue. Mais il faut le faire intelligemment», indique-t-elle. 

Prêts ballon

La question du crédit avant 18 ans est «marginale» pour Mme Thériault. La libérale juge que les enjeux des prêts ballon dans le secteur automobile et des hypothèques parapluie dans le secteur immobilier sont beaucoup plus pressants à régler et touchent davantage de citoyens. Ces deux types de prêts font en sorte qu’un consommateur peut avoir davantage de dettes sur sa voiture ou sa maison que la valeur marchande de ses biens. Alors il se retrouve criblé de dettes lorsqu’il vend sa voiture ou sa maison. «Ça, c’est urgent, c’est très important d’encadrer ça.»

Ces sujets font partie de la consultation qui est menée en ce moment par l’Office de la protection du consommateur et qui devrait guider l’écriture du projet de loi de la Coalition avenir Québec (CAQ), attendu l’automne prochain. 

Mme Thériault ne cache pas que «le Québec a pris du retard» avec les années pour bien protéger les consommateurs, surtout en matière de crédit. Son ex-collègue Jean-Marc Fournier avait déposé un projet de loi imposant en 2011, qui n’a finalement pas été adopté. Mme Thériault a par la suite fait avancer certaines mesures, mais il reste du travail à faire, juge-t-elle. 

«La CAQ se préoccupe de l’endettement des jeunes? Ça tombe bien, j’ai des pistes de solutions : hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure et abolir les frais de scolarité», a quant à lui réagi le député de Québec solidaire Vincent Marissal sur les réseaux sociaux.