Près de 450 nouvelles places à contribution réduite seront créées dans les centres de la petite enfance (CPE) de la région d'ici 2016.

CPE à Stoneham: des parents forcés à trouver un plan B

Des parents d'enfants inscrits à un nouveau CPE à Stoneham devront possiblement trouver un plan B pour faire garder leur tout-petit à la rentrée. De nouvelles mesures de contrôle du ministère de la Famille pourraient retarder de plusieurs semaines l'ouverture prévue initialement le 18 août.
Le centre de la petite enfance Passe-Partout de la 4e Avenue Ouest travaille depuis maintenant un an sur le projet d'une garderie en installations de 78 places à Stoheham. Selon l'échéancier, le CPE devait ouvrir pour la rentrée.
Le 4 juillet, sa directrice, Jocelyne Chouinard, recevait une surprise de taille. Le ministère de la Famille l'avisait qu'elle devait engager un architecte indépendant pour réaliser une étude sur les coûts des améliorations locatives, c'est-à-dire le coût des installations habituellement subventionnées par le Ministère. L'application de cette nouvelle mesure de contrôle, explique Mme Chouinard au Soleil, s'inscrit dans la foulée de la commission Charbonneau. Jusqu'à cette date, elle en ignorait l'existence. Même le Ministère semble avoir de la difficulté à se dépêtrer avec cette nouvelle mesure.
Bien avant le 4 juillet, Mme Chouinard s'était bien rendu compte que quelque chose clochait. Au début mai, elle interpellait déjà le Ministère concernant le retard d'un versement qui devait être fait à l'entrepreneur pour terminer les aménagements. Pourtant, le Ministère avait confirmé par lettre le 2 mai l'approbation conditionnelle des plans révisés à quelques semaines de la fin des travaux.
Ce n'est que le 12 juin que le Ministère informait la direction du CPE qu'il se questionnait sur l'interprétation à faire des règles administratives du programme d'immobilisations pour permettre au CPE de recevoir une subvention, évaluée ici à environ 267 000 $. La situation avait de quoi étonner
Mme Chouinard. En effet, le ministère de la Famille s'était engagé à octroyer une subvention en septembre 2013 par lettre d'entente.
En défaut de paiement
En date de lundi, le Ministère n'avait toujours versé aucune somme supplémentaire à l'entrepreneur pour exécuter les travaux restants. Il se retrouve en défaut de paiement depuis la fin mai. Depuis ce jour, l'entrepreneur a arrêté les travaux.
«C'est le pire scénario qui pouvait arriver, lance la directrice du CPE Passe-Partout. «Je ne peux tout simplement pas payer mes fournisseurs», se désole-t-elle. 
Celle-ci craint pour la suite puisque le retard pourrait être de plusieurs semaines. «Trouver un architecte rapidement en juillet, ce n'est pas évident», lance celle qui en a déniché un après une semaine de recherches. Une fois qu'il aura terminé l'analyse des coûts comme l'exige le Ministère, il faudra reprendre les trois semaines restantes de travaux. Enfin, il restera la visite des inspecteurs du Ministère pour s'assurer de la conformité des lieux.
Le casse-tête de la rentrée
Les parents concernés ont appris seulement lundi le retard d'ouverture du nouveau CPE à Stoneham. Pour plusieurs d'entre eux, le casse-tête de la rentrée débute pendant les vacances. «Moi, j'ai avisé il y a quelques jours l'éducatrice de mon enfant que je changerais d'endroit à l'automne», lance un père, visiblement contrarié par la tournure des événements. Celui qui préfère garder l'anonymat se dit choqué que des règles administratives semblent prendre le pas sur le gros bon sens. «Nous n'avons rien contre le fait qu'il y a des vérifications. On se demande seulement pourquoi c'est impossible d'exécuter les travaux pendant la vérification.»
La quinzaine de nouveaux employés se trouvent aussi à la merci de l'avancement du dossier. Certains ont remis leur démission auprès d'autres employeurs. Ils pourraient donc se trouver sans travail pour une période encore indéterminée. Dans une lettre envoyée au ministère de la Famille, la directrice du CPE évoque aussi le danger de poursuites de parents, de l'entrepreneur et d'employés qui se sentiraient floués.
Le député de Chauveau à l'Assemblée nationale, Gérard Deltell, trouve la situation malheureuse. «On prend les parents en otages pour une décision arbitraire. Ce n'est pas ça qui doit empêcher la poursuite des travaux, soutient-il, soulignant être parallèlement en accord avec une gestion rigoureuse des fonds publics. «Ce n'est pas comme si c'était une question de sécurité des lieux. C'est une question de gestion. Dans ce contexte, on demande au ministère de procéder de façon diligente.»