Le principe de tolérance administrative, dans ce dossier, peut éventuellement permettre aux centres de la petite enfance et/ou aux garderies subventionnées de ne pas avoir à distinguer des classes d'enfants.

CPE : le ministre Fortin retire les limites de la tolérance administrative

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a annoncé samedi matin le retrait des limites de la tolérance administrative pour les poupons. Ladite mesure de restrictions était initialement prévue pour la prochaine année.

Rappelons qu'à l'origine, le concept de tolérance administrative vise les prestataires de services de garde éducatifs subventionnés, ayant surtout pour objectif d’ajouter une nouvelle tranche d’âge médiane pour les bébés de 18 à 29 mois qui doivent rester dans la pouponnière lorsqu’aucune place n’est ouverte dans un groupe d’âge supérieur.

«Notre gouvernement est à l’écoute des familles, affirme Luc Fortin par voie de communiqué de presse. Afin qu’aucun enfant ne soit refusé dans un service de garde à cause de sa date de naissance et afin de rassurer les intervenants du milieu, j’ai décidé de changer d’approche et de retirer la limite de la tolérance administrative annoncée pour la prochaine année.»

Il indique cependant que son ministère «discutera avec les partenaires» pour que cette mesure de tolérance qui s’applique toujours actuellement demeure exceptionnelle.

L'AQCPE se réjouit

À peine quelques minutes après l'annonce du ministre Fortin, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), s'est dite très heureuse de la décision, dans une réaction écrite transmise au quotidien Le Soleil

«Le gouvernement a pris le parti des familles et nous saluons sa décision, explique le président-directeur-général du groupe, Louis Senécal. On croit que la tolérance administrative répond à un besoin concret de très nombreux parents, en plus de favoriser la stabilité des groupes d’enfants.»

M. Sénécal affirme que ce besoin de constance et de stabilité pour un enfant est d'autant plus important à un jeune âge, au moment où l'identité se construit. 

Une décision «nécessaire»

Le principe de tolérance administrative, dans ce dossier, peut éventuellement permettre aux centres de la petite enfance et/ou aux garderies subventionnées de ne pas avoir à distinguer des classes d'enfants. Quand il n'y a plus de place ailleurs, les enfants de 18 à 29 mois peuvent ainsi être gardés dans des groupes de poupons de 0 à 17 mois, pour faciliter la vie des parents. 

«Cela signifie concrètement que pour ces enfants, ils continuent à obtenir la subvention majorée pour poupons jusqu’à ce qu’ils soient transférés dans un autre groupe», affirme l'association.

L'AQCPE ajoute que la mesure doit bel et bien être appliquée pour ceux que l'on surnomme les bébés du printemps, ceux qui arrivent en pouponnière en septembre vers l'âge de 15 mois, «ne soient pénalisés par le fait que les services de garde éducatifs subventionnés puissent hésiter à les accueillir» en l'absence d'une tolérance administrative, sans quoi des pertes financières importantes peuvent découler de la prise en charge de ces enfants.